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Les polluants organiques persistants (POP)


 

Messages clés

  • Les polluants organiques persistants (abrégés en POP) sont des composés persistants, bioaccumulables, toxiques et mobiles.
  • Ils comprennent en particulier les dioxines, les polychlorobiphényles (PCB), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les pesticides. Ils sont rejetés dans l’environnement par les activités humaines.
     
  • Le CIRC considère les HAP comme cancérogènes certains pour le poumon (groupe 1) ; 15 sont classés comme cancérogènes probables ou possibles. Les PCB sont classés cancérogènes probables (groupe 2B) pour les cancers digestifs et les hémopathies malignes. Plusieurs pesticides (18) sont classés cancérogènes possibles (2B). La dioxine de Sévéso est la seule dioxine classée cancérogène par le CIRC.
  • Le protocole d’Aarhus (2003) et la convention de Stockholm (2004) visent à contrôler, réduire ou éliminer les rejets de substances POP dans l’environnement. Le règlement européen a permis l’intégration de leurs dispositions au sein de la réglementation européenne.
     
  • Il n’existe cependant pas de texte limitant l’ensemble des rejets de POP. Seule l’émission de dioxines est réglementée dans l’incinération des déchets ménagers.

 

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Polluants organiques persistants (POP): présentation générale

Les Polluants organiques persistants (POP) recouvrent un ensemble de substances chimiques qui possèdent quatre propriétés que la convention de Stockholm a explicité en 2001. Ils sont persistants, bioaccumulables, toxiques et mobiles.

Ils résultent surtout des rejets dans l'environnement par les activités humaines, depuis plusieurs dizaines d'années. Persistants, ils se dégradent lentement : de quelques années à des siècles, pour certains. S’accumulant au fil du temps dans les êtres vivants, notamment dans leurs graisses et dans la chaine alimentaire, ces substances sont susceptibles de provoquer des effets nocifs. Les POP sont mobiles sur de grandes distances. On en mesure, ainsi, des concentrations élevées loin des points de rejet, dans les lits des rivières où ils ont été rejetés mais aussi, là où on n'en a jamais utilisé, dans les mers ou en Arctique, par exemple.
Cette pollution des écosystèmes, des organismes vivants et de nombreuses denrées alimentaires entraîne une exposition à long terme d'une multitude d'espèces et des êtres humains.

La gestion des risques liés à ces substances a appelé des réponses au plan international et national, des conventions qui ont élargi progressivement les douze substances visées au départ. Les plans et mesures visent notamment les dioxines, les polychlorobiphényles (PCB), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des pesticides.

Polluants organiques persistants et cancers

Persistants dans les milieux, les POP suscitent des inquiétudes liées notamment aux questions de la contamination chronique à faibles doses et à leur rôle de perturbateurs endocriniens. Chez l’animal, on observe qu’ils sont responsables d’une grande variété d’effets. Chez l’homme, on considère, en général, que ce sont des cancérogènes « promoteurs », c’est-à-dire qu’ils favorisent la multiplication cellulaire, plutôt que d’agir sur la première étape, en l’initiant.
 
Le CIRC classe 15 HAP parmi les substances cancérogènes et celles probablement ou peut-être cancérogènes (2008). Parmi elles, le benzo(a)pyrène (BaP) est classé cancérogène certain (groupe 1) et substance chimique cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction (CMR) de catégorie 2. Le CIRC considère les HAP cancérogènes certains pour le poumon (groupe 1).
 
Les PCB sont, quant à eux, classés cancérogènes probables (groupe 2A du CIRC) des cancers digestifs (foie, voies biliaires, pancréas…) et des hémopathies malignes. S’agissant des pesticides, le CIRC a classé dix-huit molécules, dont le DDT (dichloro-diphényl-trichloroéthane), comme cancérogènes possibles (2B). La dioxine, dite de Seveso (Tétrachloro-2,3,7,8 dibenzo-para-dioxine) est la seule dioxine classée cancérogène par le CIRC (groupe 1).
 

Convention de Stockholm et protocole d'Aarhus

La limitation des rejets des POP a fait l’objet de plusieurs accords internationaux dans le cadre des Nations Unies et de l’Union européenne. Les deux textes majeurs sont : le protocole d'Aarhus, dit Protocole POP, signé en 1998 (Convention de Genève sur la Pollution Atmosphérique Transfrontalière Longue Distance) et la convention de Stockholm signée en 2001 et dont la dernière Conférence des Parties s’est déroulée en 2009.
 
Ratifié par la France, le protocole d'Aarhus y est entré en vigueur en octobre 2003. Il vise à contrôler, réduire ou éliminer les émissions atmosphériques de 16 substances dans l'environnement. Les POP d'origine industrielle concernés par ce texte sont les dioxines et furannes, l'héxachlorobenzène (HCB) et les HAP. Ce texte a été revu en décembre 2009 : le nouveau texte inclut de nouvelles substances, notamment les PCB et certains retardateurs de flamme bromés.
 
La convention de Stockholm, ratifiée par la France en février 2004, y est entrée en vigueur en mai de la même année. Elle concerne non seulement les émissions atmosphériques mais aussi les autres rejets environnementaux (déchets, sols, produits et eaux) et s’applique à 12 substances auxquelles se sont ajoutées 7 nouvelles en mai 2009 qui n’incluent cependant aucun HAP.
 

Règlements européens et ressources

Le règlement européen a permis l’intégration des dispositions de la convention de Stockholm et du protocole d’Aarhus au sein de la réglementation européenne (CE n°850/2004 du 29/4/04). Il n’existe cependant pas de texte limitant l’ensemble des rejets de POP, à l'échelle de l'Union européenne mais seulement sur les dioxines (textes publiés en 2001 et 2002).
 
L’émission de dioxines est ainsi limitée dans l'incinération des déchets (directive 2000/76/CE), la diminution de leur contamination de la chaine alimentaire faisant l’objet de plusieurs textes fixant les teneurs maximales dans les aliments pour animaux et pour humains.
 

Evolutions récentes

 
L’action 7 du Plan national santé environnement (PNSE) 1 portait sur la réduction des émissions aériennes de substances toxiques d’origine industrielle, l’objectif pour les dioxines étant une réduction de 85 % pour les dioxines, à l’horizon 2010.
 
Le PNSE 2 (2009-2013), qui découle des négociations du Grenelle Environnement, confirme la priorité de disposer de valeurs repères selon des critères sanitaires. Une des principales actions qu’il prévoit consiste à réduire les émissions dans l’air et dans l’eau de six substances jugées particulièrement importantes au vu de leur toxicité et de l’exposition de la population : HAP, PCB et dioxines en font partie.
 
Sources rédactionnelles : ADEME, AFSSET, CIRC, INCa, INERIS, INRS, INSERM, OFSP.
 
 
Relecture : Emmanuel Fiani, ADEME - Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, Direction productions et énergies durables, Service entreprises et éco-technologies, Angers.
Mise à jour le 16 mai 2017

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