Un site du centreleonberard.fr

Cancer de l'ovaire

 

Messages clés

  • Le cancer de l’ovaire est la 7e cause de cancers, et la 4e cause de décès par cancer chez la femme. Les tumeurs les plus fréquentes sont les tumeurs épithéliales, ou adénocarcinomes (80 à 90% des cancers de l’ovaire).
     
  • Il existe trois facteurs de risque avérés du cancer de l’ovaire : le traitement hormonal substitutif de la ménopause à base d’œstrogènes, le tabagisme, et l’exposition à l’amiante.
     
  • Plusieurs autres facteurs de risque sont suspectés d’être en lien avec une augmentation des cancers de l’ovaire, mais les données disponibles sont insuffisantes pour conclure sur l’existence de ce lien :
     
        • Il s’agit de facteurs nutritionnels (IMC, activité physique), professionnels (plusieurs métiers suspectés), ou environnementaux (le talc, classé 2B par le CIRC, les pesticides, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, etc).
           
        • Des facteurs de risque génétiques ou hormonaux (taille, âge à la puberté, nombre d’enfants) sont également suspectés.



 

Réduire

 

Cancer de l’ovaire : présentation et épidémiologie

Le cancer de l’ovaire est la septième cause de cancer chez la femme : le nombre de nouveaux cas de cancers de l’ovaire en 2011 est estimé à 4617 cas, soit 7,9 pour 100 000 personnes (InVS, 2011). Le taux de mortalité est de 4,8 cas pour 100 000 (INCa, 2011) : c’est la quatrième cause de décès par cancer chez la femme. Les tumeurs de l’ovaire les plus fréquentes (80 à 90%) sont les tumeurs épithéliales, ou adénocarcinomes (Inserm, 2008) : elles se développent à partir des cellules superficielles des ovaires. Leur diagnostic est souvent tardif, ce qui explique leur pronostic défavorable.
Il existe aussi les tumeurs du mésenchyme et des cordons sexuels, et les tumeurs germinales.
L’incidence des cancers de l’ovaire est très variable selon les régions du monde. Les régions les plus touchées sont l’Amérique du Nord et l’Europe du Nord. La France présente un des taux les plus bas d’Europe (OEC, 2008), et il semblait décroître entre 1980 et 2005 (InVS, 2008). Globalement, les facteurs de risque du cancer de l’ovaire sont mal connus, mais cette variabilité géographie indique que le mode de vie ou des facteurs environnementaux peuvent jouer un rôle dans l’apparition de la maladie.
 

Facteurs de risque avérés

Il existe trois facteurs de risque avérés du cancer de l’ovaire : le traitement hormonal substitutif de la ménopause à base d’œstrogènes, le tabagisme, et l’exposition professionnelle à l’amiante (CIRC, 2012). Les deux derniers sont développés dans cette fiche car ce sont des facteurs comportementaux, environnementaux, et professionnels.
 

Le tabagisme

Le tabagisme est un facteur de risque avéré du cancer de l’ovaire (CIRC, 2009).
De nombreuses études se sont intéressées au lien entre cancer de l’ovaire et tabagisme et ont produit des résultats contradictoires ou ne montrant pas d’association entre la maladie et le tabagisme lorsque les différentes formes de cancer de l’ovaire étaient étudiées simultanément. Le CIRC considère cependant que le tabagisme (actif, uniquement) est un facteur de risque avéré du cancer de l’ovaire, dans sa forme « mucineuse » (CIRC, 2009).
 

L’exposition à l’amiante

L’exposition professionnelle à l’amiante est un facteur de risque avéré du cancer de l’ovaire (CIRC, 2009). Plusieurs études épidémiologiques ont montré une augmentation du risque de cancer de l’ovaire chez des femmes fortement exposées à l’amiante. Cette association a été confirmée par une importante méta-analyse qui, en s’appuyant sur 18 études de cohortes de femmes exposées à l’amiante dans leur profession, a montré que le risque de cancer de l’ovaire était augmenté de 77% chez les femmes exposées à l’amiante par rapport aux femmes non exposées (Camargo, 2011). Ces études concernaient des femmes fortement exposées à l’amiante dans les secteurs de la fabrication de textile, de l’exploitation minière, de la production de ciment, et de la fabrication de matériaux de frottements et de masques à gaz.
L’exposition à l’amiante chez les femmes peut aussi être environnementale et provenir de leur conjoint qui travaille dans un environnement professionnel amianté, et qui apporte dans le foyer des vêtements contenant des fibres (bleus de travail, etc). Ces fibres inhalées s’accumulent alors dans les ovaires (Heller, 1996). Les données actuelles proviennent essentiellement des Etats-Unis chez des femmes fortement exposées. Une étude est actuellement en cours en France pour évaluer la fréquence de l’exposition aux fibres d’amiante chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire.
L’usage de l’amiante est interdit en France depuis 1997 et depuis 2005 en Europe, mais on estime encore à 115 millions le nombre de personnes exposées professionnellement à l’amiante dans le monde (OMS, 2009).
 

Facteurs de risque suspectés

Les autres facteurs de risque du cancer de l’ovaire sont des facteurs de risque suspectés, c’est-à-dire que les données disponibles sont insuffisantes pour conclure à l’existence d’un lien entre ces facteurs et le risque de cancer de l’ovaire. Ils comprennent des facteurs de risques nutritionnels, environnementaux ou professionnels.
 

Facteurs de risque nutritionnels

D’après une analyse combinée de 12 études de cohortes (Schouten, 2008), la taille adulte des femmes serait associée à un risque accru de cancer de l’ovaire : plus les femmes sont grandes, plus elles ont de risque de développer un cancer de l’ovaire. Ce sont les facteurs conduisant à une grande taille (facteurs hormonaux, notamment) qui seraient la cause de l’augmentation du risque de cancer de l’ovaire, et non la taille elle-même (WCRF, 2006). L’indice de masse corporelle (IMC) n’est pas associé au risque global de cancer de l’ovaire, bien que les femmes obèses présentent plus de risque d’avoir un cancer de l’ovaire avant la ménopause. Ces résultats demandent cependant à être confirmés par de nouvelles études.

Quelques études se sont intéressées à l’influence du niveau d’activité physique sur le risque de cancer de l’ovaire : elles sembleraient montrer un effet protecteur de l’activité physique, mais à ce jour, aucune relation de causalité n’a pas été démontrée (Hannan, 2004 ; Bandera, 2011).
Concernant l’alimentation, des preuves limitées existent dans le sens d’une diminution du risque de cancer de l’ovaire avec la consommation de légumes non féculents (WCRF, 2006).
 

Le rapport  publié par le WCRF et l’AICR en avril 2014 établit pour la première fois l’augmentation du risque de cancer de l’ovaire par la corpulence (facteur de risque modifiable) avec un niveau de preuve probable, et par la taille à l’âge adulte avec un niveau de preuve convaincant.

 

Facteurs de risque professionnels

Plusieurs études ont été réalisées pour de nombreux métiers, afin d’identifier d’éventuels facteurs de risque professionnels de cancer de l’ovaire. Les professions suivantes ont été étudiées : coiffeuses, employées d’imprimerie, de nettoyage à sec, infirmières, enseignantes, scientifiques, agricultrices, pharmaciennes, serveuses, cuisinières, etc… Quelques études ont suggéré un excès de risque chez les coiffeuses et les femmes employées dans l’imprimerie (Boffetta, 1994), mais les données sont encore insuffisantes pour conclure à un lien de causalité (Pukkala, 2009). Pour les autres métiers, les données, bien que nombreuses depuis les années 70, ne permettent pas d’établir un lien entre ces professions et le risque de cancer de l’ovaire, du fait de l’existence de biais et du peu d’évidence d’excès de risque retrouvé (Shen, 1998 ; Inserm, 2008).
 

Facteurs de risque environnementaux

L’utilisation de talc sur les zones génitales a été largement étudiée comme un facteur de risque de cancer de l’ovaire. Les études montrent un excès de risque très léger mais constant, ce qui a amené le CIRC à classer cette exposition possiblement cancérogène (groupe 2B) pour le cancer de l’ovaire, malgré les limites des études considérées (absence de relation dose-réponse et mesure de l’exposition imprécise) (CIRC, 2010). L’existence d’un gène de susceptibilité lié à cette exposition est également suspectée (Sueblinvong, 2009).

Les pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques, polychlorobiphényles, et solvants ont été étudiés, mais aucune étude n’a conclu à une augmentation du risque de cancer de l’ovaire due à l’exposition à un de ces facteurs (Inserm, 2008).

Autres facteurs de risque : individuels, génétiques, hormonaux

Comme pour la plupart des cancers, l’âge est un facteur de risque important de cancer de l’ovaire : plus une femme vieillit, plus son risque de développer un cancer de l’ovaire augmente. Le risque est maximal autour de 75 ans et l’âge médian au diagnostic est de 65 ans (HAS, 2010).
On estime que 5 à 10% des cancers de l’ovaire ont une origine génétique (Inserm, 2008) liée à une mutation des gènes BRCA1 et BRCA2 (BReast Cancer 1 et 2), gènes principaux de prédisposition aux cancers du sein et de l’ovaire (Antoniou, 2003). Il s’agit alors de formes familiales de cancer de l’ovaire, qui apparaissent à un âge plus précoce (avant 60 ans).
Le risque de cancer de l’ovaire est plus élevé chez les femmes n’ayant pas eu d’enfant, ayant eu leur premier enfant tardivement, une puberté précoce ou une ménopause tardive (Inserm, 2008) ; il est au contraire moins élevé chez les femmes ayant eu plusieurs enfants, ayant allaité, ou ayant utilisé une contraception orale.

Sources rédactionnelles: INCa, Inserm, HAS, CIRC

Auteur : unité Cancer Environnement
Relecteur : Dr Guastalla (oncologue, centre Léon Bérard)

Mise à jour le 26 févr. 2016

Avec le soutien

Respect de la charte HONcode

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.

Dernières actualités