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Utilisation de déodorants / antitranspirants et risque de cancer du sein

 

Référence de l'article étudié :
« L’utilisation de déodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein »
Namer M., Luporsi E., Gligorov J., Lokiev F., Spielmann M.
Bulletin du Cancer, 2008 ; 95(9) :871-80

 

Contexte

Certains déodorants antitranspirants contiennent des sels d’aluminium. Devant l’augmentation de l’incidence du cancer du sein dans la partie proche de la zone habituelle d’application des déodorants (quadrant supéro-externe), des scientifiques ont supposé qu’il pourrait exister une association entre l’utilisation d’antitranspirants contenant des sels d’aluminium et le risque de cancer du sein.
En 2008, un groupe d’experts a publié une synthèse des données sur le sujet. Elle avait pour objectif de déterminer si cette hypothèse pouvait être retenue ou non.

L’objectif de cette fiche est de présenter et d’expliquer les principaux résultats de cette synthèse et de vous aider à en comprendre les conclusions.

 

Méthodologie

Les experts ont analysé l’ensemble des données de la littérature scientifique existante, afin de tenter de répondre à trois questions :

  1. Peut-on expliquer biologiquement ou de manière expérimentale un éventuel rapport entre l’utilisation de déodorants/antitranspirants et le cancer du sein ?
  2. L’utilisation des déodorants/antitranspirants a-t-elle une incidence sur l’augmentation du risque de cancer du sein ?
  3. Un lien de causalité entre utilisation de déodorants/anti-transpirants et cancer du sein peut-il être retenu ?

     

Après avoir mené une recherche bibliographique exhaustive, ils ont passé en revue 59 études, dont 19 ont été analysées de manière approfondie. Parmi celles-ci, 8 ont été exclues car elles n’abordaient pas les sels d’aluminium ou ne répondaient à aucune des 3 questions posées. Pour chaque étude analysée, les auteurs ont évalué leur qualité et leur niveau de preuve (c’est-à-dire leur capacité à démontrer un résultat de manière convaincante scientifiquement). 

 

Résultats

La qualité scientifique des études analysées était globalement faible :

  • Il n’existe aucune étude prospective sur le sujet, ou les effectifs sont faibles.
  • Les études présentent des biais importants, ce qui rend leur interprétation délicate : certaines n’incluent pas de groupe témoin, ce qui rend toute comparaison impossible ; la plupart n’ont pas pris en compte les principaux facteurs de risque connus de cancer du sein ainsi que des éléments biologiques déterminants tels que les récepteurs hormonaux. Elles ne permettent donc pas d’isoler le rôle de l’utilisation de déodorants contenant des sels d’aluminium dans l’apparition des cancers du sein observés. 
  • Les résultats de ces études sont contradictoires, et ne permettent donc pas de s’orienter vers une conclusion solide.

     

Une seule étude était de bonne qualité et présentait un fort niveau de preuve : il s’agit d’une étude cas-témoin qui s’intéresse à 913 patients et 793 témoins (Mirick, 2002). Celle-ci conclut que ni l’usage régulier de déodorant/antitranspirant, ni l’utilisation de ces produits associés au rasage des aisselles, n’a d’influence sur le risque de cancer du sein.

Quelques études ont démontré le passage transcutané des sels d’aluminium dans le sang après application de déodorants, mais aucune n’a évoqué de lien entre la présence de sels d’aluminium dans le sang et les urines et le cancer du sein. 

 

Conclusion

Il n’existe aujourd’hui pas de preuve scientifique en faveur d’un lien de causalité entre l’application de déodorants/antitranspirants et le risque de cancer du sein.

C’est également la conclusion d’un rapport de l’Afssaps (désormais ANSM) qui a conduit une évaluation du risque lié à l’utilisation de l’aluminium dans les produits cosmétiques : « sur la base des données actuelles disponibles, l’exposition à l’aluminium par voie cutanée ne peut pas être considérée comme présentant un risque cancérogène » (Afssaps, 2011).

Ce même rapport conclut en revanche que l’exposition à des produits antitranspirants avec des concentrations de 20% de chlorohydrate d’aluminium ne garantit pas la sécurité sanitaire des consommateurs vis-à-vis de risques autres que cancérogènes (effets neurotoxiques notamment). 

 

Auteur: Unité Cancer Environnement
Relecteur: Elisabeth Luporsi (Oncologue médicale, Centre Alexis Vautrin)

Mise à jour le 21 avr. 2016

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