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Cancer du rein

 

Messages clés

  • Avec 11 000 nouveaux cas en France en 2011, le cancer du rein représente 3% des nouveaux cas de cancers (6e rang), et 2,6% des décès par cancer (7e rang) (INCa, 2011). Il est deux fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme.
     
  • Selon le CIRC, il existe deux facteurs de risque avérés de cancer du rein (groupe 1 du CIRC) : l’exposition aux radiations ionisantes (volume 100D des monographies) et le tabagisme (volume 100E des monographies). 
     
  • L’obésité ou le surpoids sont des facteurs de risque reconnus de cancer du rein (WCRF/AICR, 2006). Ils seraient responsables de 30% des cancers du rein en Europe (Calle, 2004).
     
  • L’exposition professionnelle au trichloroéthylène est suspectée depuis de nombreuses années d’être un facteur de risque de cancer du rein. Il s’agit d’un solvant très utilisé dans le dégraissage des métaux et comme additif chimique. Il est classé cancérogène avéré pour l’homme (groupe 1) par le CIRC (1995).
     
  • D’autres substances présentes en milieu professionnel sont suspectées d’être des facteurs de risque de cancer du rein : le cadmium, l’arsenic (cancérogènes avérés pour d’autres localisations de cancer), les procédés d’imprimerie (groupe 2B), les dérivés pétroliers, les fluides de coupes, les huiles pétrolières, etc.
     


 

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Présentation et épidémiologie du cancer du rein

Les reins ont pour fonction principale de filtrer le sel et l’eau en excès, les déchets produits par l’organisme ainsi que les produits chimiques (médicaments, par exemple).
Chaque rein est constitué du parenchyme rénal, qui assure sa fonction de filtration, et d’une voie excrétrice qui conduit l’urine jusqu’à la vessie. La tumeur rénale la plus fréquente est celle du parenchyme rénal, ou encore carcinome à cellules rénales, qui représente 85% des tumeurs rénales. Sont présentés dans cette fiche les facteurs de risque des tumeurs du parenchyme, et non ceux des voies excrétrices.

Avec 11 000 nouveaux cas en France en 2011, le cancer du rein représente 3% des nouveaux cas de cancers (6e rang), et 2,6% des décès par cancer (7e rang) (INCa, 2011). Il est deux fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme.
 

Facteurs de risque avérés du cancer du rein

Selon le CIRC, il existe deux facteurs de risque avérés de cancer du rein (groupe 1 du CIRC) : l’exposition aux radiations ionisantes (volume 100D des monographies) et le tabagisme (volume 100E des monographies).

La consommation de tabac est un facteur de risque avéré de cancer du rein (CIRC, 2004) : un homme fumeur a un risque de cancer du rein augmenté de 50% par rapport à un non fumeur ; pour une femme fumeuse, le risque de cancer du rein est augmenté de 20% par rapport à une non fumeuse. Ce risque augmente avec la durée et le nombre de cigarettes fumées (plus on fume longtemps et plus on fume de cigarettes par jour, plus le risque est élevé) (Hunt, 2005). En 2006, 21% des décès par cancer du rein étaient dus au tabagisme (Hill, 2009). Le fait d’arrêter de fumer permet d’éviter l’augmentation du risque à partir d’une durée d’arrêt de 10 ans (Hunt, 2005).

Concernant les radiations ionisantes, un excès de risque de cancer du rein a été démontré chez les survivants d’accidents nucléaires et chez les patients (CIRC, 2012). 

L’exposition professionnelle au trichloroéthylène est suspectée depuis de nombreuses années d’être un facteur de risque de cancer du rein. Il a été classé en octobre 2012 cancérogène avéré pour l’homme (groupe 1) par le CIRC. Il s’agit d’un solvant très utilisé dans le dégraissage des métaux et comme additif chimique. Des études épidémiologiques récentes en milieu professionnel tendent à confirmer de manière convergente l’augmentation du risque de cancer du rein avec l’augmentation de l’exposition au trichloroéthylène (Scott, 2006 ; Charbotel, 2006). Cette tendance a l’augmentation du risque a été confirmée dans une méta-analyse récente (Karami, 2012).

Bien que le cancer du rein puisse causer de l’hypertension artérielle chez les personnes atteintes, celle-ci est aussi un facteur de risque de ce cancer (Hunt, 2005).

L’obésité ou le surpoids sont des facteurs de risque reconnus de cancer du rein (WCRF/AICR, 2006). Ils seraient responsables de 30% des cancers du rein en Europe (Calle, 2004) : d’après une importante revue, une augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC) de 5 kg/m² augmente le risque de cancer du rein de 24% chez les hommes et de 34% chez les femmes (Renehan, 2008). La prise de poids entrainerait des perturbations hormonales (insuline, oestrogènes, facteurs de croissance) qui pourraient être la cause de l’augmentation du risque. Le surpoids ou l’obésité seraient responsables de 13% des décès par cancer du rein (Hill, 2009).

 

Facteurs de risque environnementaux et/ou professionnels suspectés

Le cadmium et ses composés sont des substances toxiques pour le rein. Elles sont utilisées dans les milieux de la métallurgie du zinc, du découpage de métaux au chalumeau, de la soudure de cadmium, etc. Les particules de cadmium peuvent alors être projetées dans l’air et inhalées ; elles peuvent aussi être ingérées. Le cadmium et ses composés sont des cancérogènes avérés pour l’homme (groupe 1 du CIRC) pour le cancer du poumon (CIRC, 2012). Pour le cancer du rein, des associations positives entre l’exposition au cadmium et le risque de cancer du rein ont été identifiées, mais la relation de causalité n’a pas encore été démontrée (Il’yasova, 2005).

L’arsenic et ses composés inorganiques sont classés cancérogènes avérés pour l’homme par le CIRC (groupe 1) depuis 1980. L’exposition à l’arsenic peut être environnementale (via l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés) ou professionnelle (par inhalation lors de la fabrication d’insecticides, de raticides, d’herbicides, de fongicides, dans l’industrie des colorants, en métallurgie,…). D’après le CIRC, bien que des études épidémiologiques suggèrent l’existence d’une association entre l’exposition à l’arsenic et le développement de cancers du rein, les données actuellement disponibles ne permettent pas de conclure définitivement sur cette association (IARC, 2012).

Quelques études suggèrent un excès de risque de cancers du rein dans le secteur de l’imprimerie, mais les résultats sont souvent non significatifs statistiquement. Les preuves en faveur d’une association avec le risque de cancer du rein sont considérées limitées : les procédés d’imprimerie sont classés cancérogènes possibles (groupe 2B) par le CIRC (1996, volume 65).

D’autres substances présentes en milieu professionnel ont été suspectées en lien avec le risque de cancer du rein : dérivés pétroliers, solvants, fluides de coupe, autres huiles pétrolières, fumées de soudage, amiante…. Les données disponibles ne permettent pas de conclure à l'existence d'une association entre une exposition à ces substances et le risque de cancer du rein (Charbotel, 2006).

En France, il n’existe à ce jour pas de tableau de maladies professionnelles en lien avec le cancer du rein.
 

Autres facteurs de risque de cancer du rein

Prédispositions génétiques
Certains cancers du rein, beaucoup plus rares (moins de 2% des cas), se développent du fait d’anomalies génétiques. Ils sont suspectés lorsque plusieurs personnes de la même famille sont atteintes de cancer du rein, ou lorsque la tumeur survient avant l’âge de 40 ans. L’anomalie la plus fréquente est la maladie de Von Hippel Lindau, qui touche le gène VHL, lié au contrôle de la vascularisation des tumeurs.

Les personnes dialysées peuvent présenter une atrophie des reins, du fait que ceux-ci ne sont plus fonctionnels. Celle-ci peut favoriser la survenue d’un cancer du rein et nécessite donc un suivi particulier. 
 

Sources rédactionnelles: INCa, CIRC

Auteur : Département Cancer Environnement
Relecteurs : Barbara Charbotel (médecin épidémiologiste en santé au travail, Lyon), Sylvie Négrier (oncologue, centre Léon Bérard)
 

Mise à jour le 26 févr. 2016

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