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Cancer colorectal

Messages clés


  • Trois facteurs nutritionnels sont impliqués de façon convaincante dans la survenue d'un cancer colorectal : la consommation d'alcool, le surpoids, l'obésité et la consommation de viandes et de charcuteries.

  • Le tabac est classé groupe 1 par le CIRC avec des preuves convaincantes pour les cancers colorectaux.

  • La consommation de viande transformée (ou produits carnés transformés ou charcuterie) été classée comme cancérogène pour l’homme (Groupe 1). cette classification se fonde sur des indications suffisantes provenant d'études épidémiologiques de ce que la consommation de viande transformée provoque le cancer colorectal chez l’homme.

  • La consommation de viande rouge a été classée comme probablement cancérogène pour l’homme (Groupe 2A). cette classification se fonde sur des indications limitées provenant d'études épidémiologiques montrant des associations positives entre la consommation de viande rouge et le développement d’un cancer colorectal.

  • Des études épidémiologiques montrent un lien entre l'exposition à l'amiante et l'augmentation du risque de cancer colorectal en milieu professionnel.

  • Les facteurs associés à une diminution de risque de cancers colorectaux sont une alimentation riche en fruits et légumes et la pratique régulière d'une activité physique. Le facteur génétique existe dans deux formes de cancers colorectaux : la polypose adénomateuse familiale et le syndrome de Lynch.

  • Un programme de dépistage organisé du cancer colorectal, inscrit dans le Plan cancer 2009-2013, a été mis en place. Il concerne tous les sujets à partir de 50 ans appelés « à risque moyen », c'est-à-dire sans symptômes digestifs, sans antécédents personnels ou familiaux de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, de polype ou de cancer colorectal et à l’exclusion des prédispositions héréditaires.

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Présentation générale

Le côlon est la partie de l’intestin faisant suite à l’intestin grêle et allant du cæcum au rectum. La paroi intérieure du côlon et du rectum est tapissée d’une muqueuse pouvant développer des excroissances nommées polypes.
Ces tumeurs bénignes sont fréquentes et sans gravité. Mais certaines d’entre elles, les adénomes, peuvent se développer et se transformer en cancer. Cette transformation est lente, en moyenne plus de 10 ans. environ 60 % des cancers colorectaux touchent le côlon et 40 % le rectum avec pour localisation principale : le sigmoïde (dernière partie du côlon).

Epidémiologie du cancer colorectal

Le cancer colorectal est à l’origine de 40 500 nouveaux cas estimés chaque année. La France fait partie des pays ayant une incidence élevée de cancer colorectal. En 2011, ce cancer se situe au troisième rang de l’ensemble des cancers incidents, tous sexes confondus (Inca, 2012).

Le vieillissement de la population, le dépistage et les modifications du mode de vie (augmentation de la sédentarité) ont favorisé l’augmentation de l’incidence à partir des années 80. L’incidence du cancer colorectal augmente après l’âge de 50 ans, plus rapidement chez les hommes que chez les femmes.

Cancer colorectal et facteurs de risques nutritionnels

Trois facteurs nutritionnels sont impliqués de façon convaincante dans la survenue de cancer colorectal (ANSES, 2011) :

  • la consommation d'alcool,
  • le surpoids et l'obésité,
  • la consommation de viandes et de charcuteries.

 En revanche, l’activité physique et la consommation de fruits et légumes sembleraient jouer un rôle protecteur.

Facteurs associés à une augmentation du risque de cancer colorectal

  • Les boissons alcoolisées

La relation entre consommation de boissons alcoolisées et augmentation du risque de cancer colorectal est jugée convaincante chez l’homme et probable chez la femme (WCRF/AICR, 2007). L’effet dépend de la quantité totale d’alcool ingérée et non du type de boisson.

  • Le tabac

Des indications suffisantes de cancérogénicité chez l'Homme (groupe 1 du CIRC) ont été mises en évidence entre tabagisme et cancers colorectaux (Liang, 2009). Les produits de dégradation du tabac constituent aussi un facteur de risque dans la survenue du cancer du côlon. Le lien entre tabagisme et cancer colorectal est décrit dans la littérature comme important (Botteri, 2008).

  • Amiante

En 2005, une étude montre que l'apparition de cancers du côlon est plus élévée parmi les professionnels exposés à l'amiante (Aliyu & Cullen, 2005). Selon cette étude, ces ouvriers avaient 35% de risque en plus de développer un cancer colorectal par rapport au groupe témoin constitué de fumeurs non exposés à l'amiante.

En 2011, une autre étude cas-témoins confirme le lien entre exposition à l'amiante et augmentation du risque de cancer colorectal en milieu professionnel (Fang, 2011).

  • Surpoids et obésité

La relation entre surpoids, obésité et augmentation de risque de cancer est jugée convaincante pour le cancer colorectal (WCRF/AICR, 2011).

Les données épidémiologiques sur le rôle de l’obésité comme facteur de risque du cancer colorectal sont concordantes. D’après une méta-analyse et des études de cohortes, le pourcentage d’augmentation de risque de cancer colorectal est estimé à 41% pour les individus présentant un Indice de Masse Corporel (IMC) >30 kg/m², par rapport aux individus ayant un IMC < 23 kg/m². Cette association est également liée à la localisation du cancer. Elle est plus importante pour le cancer du côlon que pour le cancer du rectum. (Harriss, 2009 ; Ning, 2010). Un style de vie sédentaire constitue aussi un facteur de risque du cancer du côlon mais pas du cancer du rectum (CIRC, 2002).

  • Excès de viande rouge ou de charcuterie

En France, un quart de la population consomme au moins 500 grammes de viande rouge par semaine, et plus d’un quart de la population au moins 50 grammes de charcuterie par jour. La consommation excessive de viande rouge et de charcuterie augmente le risque de cancer colorectal.

Une étude réalisée entre 1992 et 1998 dans 10 pays Européen sur une population d’hommes et de femmes âgés de 50 ans confirme que le risque de développer un cancer colorectal dans les 10 ans passe de 1,28% chez les faibles consommateurs de viande rouge et charcuterie (moins de 30g/j pour un homme et de 13g/j pour une femme) à 1,71% chez les gros consommateurs (plus de 129g/j pour un homme et plus de 85g/j pour une femme).

En revanche, la consommation de poisson semble avoir un effet protecteur. Le risque de cancer du côlon dans cette étude passe de 1,86% chez les faibles consommateurs de poisson (moins de 14g/j) à 1,28% chez les gros consommateurs (plus de 50g/j) (Norat, 2005).

 Facteurs associés à une diminution du risque 

Une alimentation riche en fruits et légumes est associée à une diminution du risque de cancer colorectal avec un niveau de preuve probable (WCRF/AICR 2011).
  • Effet protecteur de l’activité physique

Concernant l’activité physique, des preuves convaincantes existent dans le sens d’une diminution du risque de cancer colorectal avec la pratique d’une activité physique.

Des études montrent un effet protecteur de l’activité physique, avec une réduction du risque de 40 à 50 % avec un effet dose-réponse (Simons, 2013 ; Boyle, 2012). Cet effet bénéfique semble être lié à l’accélération du transit intestinal réduisant l’exposition de la muqueuse digestive aux cancérogènes d’origine alimentaire.

De plus, l’activité physique contribue de manière probable à diminuer le risque de prise de surpoids et d’obésité, eux-mêmes facteurs de risque de cancer colorectal.

A partir ces données de la littérature, l’INCa en France et le Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) ont émis des recommandations pour la population générale et pour les personnes malades, Nutrition & Cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations (INCa/PNNS, 2011). Ces recommandations  sont également valables en ce qui concernent les cancers colrectaux.


Cancer colorectal : facteurs de risque individuels et facteurs génétiques

  • Facteurs individuels 

Comme pour la plupart des cancers, l’âge est un facteur de risque important de cancer colorectal.

Avant 40 ans, les cancers colorectaux sont rares. Le risque augmente à partir de 50 ans et s’accroît jusqu’à 80 ans. 94 % des cancers colorectaux se manifestent chez les personnes de plus de 50 ans.


Le risque est également augmenté chez les personnes souffrant de maladies inflammatoires comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique en particulier si elles évoluent depuis plus de 10 ans.

  •  Facteur génétique 

Un facteur génétique existe dans deux formes de cancers colorectaux : la polypose adénomateuse familiale (mutation du gène APC) et le syndrome de Lynch (cancers colorectaux héréditaires sans polypose (HNPCC, caractérisé par des anomalies sur des gènes (MSH2, MSH6 et MLH1) codants pour les protéines de réparation de l'ADN). Ces cancers héréditaires représentent moins de 5 % de l'ensemble des cancers colorectaux et surviennent généralement avant 40 ans. 

 Evolutions récentes

Un programme de dépistage organisé du cancer colorectal, inscrit dans le Plan cancer 2009-2013, a été mis en place. Il concerne tous les sujets à partir de 50 ans appelés « à risque moyen », c'est-à-dire sans symptômes digestifs, sans antécédents personnels ou familiaux de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, de polype ou de cancer colorectal et à l’exclusion des prédispositions héréditaires. Ce dépistage permet à toutes les personnes, hommes et femmes, de 50 à 74 ans de bénéficier, tous les deux ans, d’un examen gratuit, par la technique de l’Hémoccult II®. Un test immunologique, plus performant, devrait remplacer ce test. Ce nouveau test consiste à prélever 2 ng (nanogrammes) de selles en un seul prélèvement ; il a été mis sur le marché au Japon et en Italie, et est en cours d’évaluation en Europe.

L’INCa et la HAS ont publié en janvier 2012 un guide destiné au médecin (mesure 18 Axe 4 du Plan Cancer) sur la prise en charge du cancer colorectal comme affection de longue durée.

Auteur : Unité Cancer et Environnement

Relecteur : Dr Françoise Desseigne, Oncologue, Centre Léon Bérard

 

Mise à jour le 6 déc. 2016

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