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Obésité et cancer

Messages clé

  • L’obésité correspond à un excès de masse grasse qui entraine des conséquences néfastes sur la santé. Elle se définit par un Indice de Masse Corporelle (IMC) supérieur à 30 kg/m². Indice calculé par le poids en kilogrammes divisé par le carré de la taille en mètres : kg/m.

  • En France, 15% des adultes étaient considérés comme obèses en 2012 contre seulement 6% en 1980. Cependant, la progression de l’obésité ralentit enfin dans notre pays pour la première fois en 30 ans

  •  L’obésité est classée comme un cancérogène, avec un niveau de preuve qualifié de convaincant, pour les cancers de l’œsophage, du côlon-rectum, du pancréas, du foie, du rein, de la vésicule biliaire, de la prostate (au stade avancé), du sein après la ménopause et de l’endomètre

  • L’obésité ou le surpoids (défini par un IMC compris entre 25 et 30 kg/m²) au moment du diagnostic d’un cancer, ainsi que la prise de poids au cours du traitement, sont associés à un risque accru de récidive, de développement d’un second cancer et de mortalité liée au cancer initial.

  • Afin de limiter les risques de comorbidités et de mortalité liés au surpoids et à l’obésité, il est recommandé de maintenir un poids optimal (défini par un IMC compris entre 18,5 et 25 kg/m2) en maintenant une activité physique régulière et en privilégiant une alimentation diversifiée à faible densité énergétique.

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Présentation générale

 

Le diagnostic de surpoids et d’obésité repose sur l’indice de masse corporelle (IMC).

 

Les causes de la prise de poids, du surpoids et de l'obésité sont multiples
Mécanismes impliqués dans l’obésité

Risque de cancer et surpoids/obésité

Prévention de la prise de poids et prise en charge de la surcharge pondérale pendant et après le traitement du cancer du sein
Recommandations après le traitement d'un cancer du sein de stade précoce, pour les patients en surpoids ou obèses
Recommandations pour prévenir le surpoids et l’obésité
Données actuelles, évolutions récentes

 

Présentation générale

 

L’obésité correspond à un excès de masse grasse qui entraîne des effets délétères pour la santé. Alors que la proportion d’adultes obèses a plus que doublé en France entre 1980 et 2012, les origines de cette « épidémie » sont multifactorielles. Le bouleversement récent des habitudes alimentaires contribue de façon significative à ce problème mais, au-delà de la nutrition et de facteurs génétiques, des facteurs environnementaux ont été impliqués dans le développement et l’installation de cette maladie chronique.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le nombre de cas d’obésité a doublé entre 1980 et 2008 dans le monde. En raison de cette progression rapide au niveau mondial, l’OMS a classé en 1997 l’obésité parmi les maladies mettant en cause le bien-être physique, psychologique et social de l’individu.

En France, depuis les années 1980, la surcharge pondérale de la population générale a augmenté. Mais pour la première fois en 30 ans un ralentissement semble s’amorcer. Le nombre d’hommes en surpoids est plus important que celui des femmes alors que l’obésité touche les deux sexes de manière équivalente. A ce jour, environ la moitié des adultes sont en surcharge pondérale avec la répartition suivante : 32 % en surpoids et 15 % obèses. L’obésité augmente avec l’âge, mais décroit à partir de 65 ans.

La prévalence de l’obésité est inversement proportionnelle au niveau des revenus des foyers, le nord et l’est de la France étant les régions où la prévalence de l’obésité est la plus élevée (Inserm, 2006).

D’après l’INCa, en France, le nombre de décès causés par un excès de poids en 2000 s’élèverait à 2 300. (http://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Surpoids-et-obesite )

L’obésité reste un des défis majeurs de santé publique du xxie siècle avec le développement de mesures de prévention et une prise en charge du surpoids et de l’obésité. En 2014, Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a montré que près d'un demi-million de nouveaux cas de cancer par an peuvent être attribués à la surcharge pondérale. Le surpoids et l’obésité sont devenus un facteur majeur de risque, responsable d'environ 3,6% (481 000) des nouveaux cas de cancer en 2012. La proportion de cancers liés à l'obésité est plus élevée chez les femmes (5,4 %) que chez les hommes (1,9 %), en raison surtout du nombre élevé de cancers spécifiquement féminins (sein après la ménopause, utérus) qui ont une origine hormonale importante en lien avec la surcharge pondérale(CIRC/IARC, 2014).

 

Le diagnostic de surpoids et d’obésité repose sur l’indice de masse corporelle (IMC)


La surcharge pondérale regroupe le surpoids et l’obésité. Elle est estimée par l’indice de masse corporelle (IMC) ou en anglais Body Mass Index (BMI), indicateur calculé par le rapport : poids (kg)/[taille (m)]², et exprimé en kg/m². Cette mesure s’applique aux deux sexes et à toutes les tranches d’âge adulte.

Selon l’OMS, l’obésité est définie à partir d’un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m² et le surpoids par un IMC compris entre 25 et 30 kg/m².

 

Classification du surpoids ou de l’obésité par l’IMC

_____________________________________________________

IMC (kg/m²)              Classification (adulte, homme ou femme)

_____________________________________________________

  <18,5                        Insuffisance pondérale

  18,5 - 24,9                 Poids optimal

  25 - 29,9                   Surpoids

  30,0 - 34,9                Obésité modérée

  35 - 39,9                   Obésité sévère

  ≥ 40                         Obésité morbide

 

Source : Organisation mondiale de la santé. Obésité : prévention et prise en charge de l'épidémie mondiale. Rapport d'une consultation de l'OMS. Série de Rapports techniques 2003

 

Un facteur autre que l’IMC intervenant dans le diagnostic d’un excès de masse grasse est la répartition du tissu adipeux. Deux types d’obésité sont alors définies : l’obésité gynoïde (graisses reparties dans la partie basse du corps) et l’obésité androïde (graisses au niveau de l’abdomen).

Pour un IMC supérieur à 25 kg/m2 et inférieur à 35 kg/m2, l’examen clinique doit être complété par la mesure du tour de taille, réalisée à mi-distance entre la dernière côte et le sommet de la crête iliaque.

Un tour de taille élevé est un indicateur de l’excès de graisse au niveau abdominal. Cet excès est associé, indépendamment de l’IMC, au développement de complications métaboliques et vasculaires liées à l’obésité. Un autre indicateur d’adiposité est le tour de hanches mesuré au niveau de la pointe du pubis.
             
  Adiposité abdominale et risque de complications métaboliques
(WHO, 2000)
 

Indicateurs

Seuils OMS à risque pour l’adiposité abdominale

Risque de complications métaboliques

Tour de taille

> 94 cm (H); > 80 cm (F)

Accru

Tour de taille

> 102 cm (H); > 88 cm (F)

Considérablement accru

Rapport tour de taille/tour de hanches

≥ 1,0 (H); ≥ 0,85 (F)

Considérablement accru

       H : Hommes ; F : Femmes

 

 

Les causes de la prise de poids, du surpoids et de l’obésité sont multiples

 

  •  Apports énergétiques excessifs (alimentation trop riche c’est-à-dire trop dense en calories, boissons sucrées, grande taille des portions).
  •  Sédentarité (dont un indicateur est le temps passé devant les écrans)
  •  Arrêt ou réduction de l’activité physique ou sportive.
  •  Arrêt du tabac non accompagné de mesures adaptées.
  •  Consommation d’alcool.
  •  Prise de certains médicaments.
  •  Facteurs génétiques et antécédents familiaux d’obésité.
  •  Antécédents d’obésité dans l’enfance.
  •  Grossesse.
  •  Ménopause.
  •  Troubles du comportement alimentaire (impulsivité alimentaire, compulsions alimentaires, hyperphagie boulimique).
  •  Troubles anxio-dépressifs et périodes de vulnérabilité psychologique ou sociale.
  •  Facteurs professionnels (parmi lesquels stress au travail, travail posté).
  •  Diminution du temps de sommeil.

Des expositions ou des événements précoces intervenant avant la naissance semblent avoir une importance. Des études sur l’influence de l’alimentation maternelle sur la survenue de l’obésité ont été analysées dans le cadre de l’étude Elfe (http://www.elfe-france.fr/index.php/fr/).

Mécanismes impliqués dans l’obésité

 

L’obésité favorise un état inflammatoire chronique qui se traduit par une augmentation des taux sanguins de facteurs pro-inflammatoires tels que le Tumor-Necrosis Factor-α (ou TNFα), l’interleukine 6 (IL-6), la protéine C-réactive et la leptine. La présence de ces facteurs a pour conséquence de favoriser la prolifération cellulaire et le processus d’initiation de la cancérogenèse(INCa, 2013).

Chez les sujets ayant un IMC élevé, on observe également une augmentation des taux endogènes de plusieurs hormones, facteurs de croissance, cytokines : insuline, leptine, hormones sexuelles. Certains mécanismes sont communs à toutes les localisations de cancers, tels que l’augmentation de la résistance à l’insuline due à l’excès de tissus adipeux.

D’autres mécanismes semblent plus spécifiques de certaines localisations. C’est le cas des modifications hormonales en cause dans certaines localisations, par exemple pour les cancers du sein et de l’endomètre.

 

Risque de cancer et surpoids/obésité

De nombreuses études décrivent l’existence d’une relation démontrée entre obésité et augmentation de risque de cancers. L’augmentation de cinq points de l'IMC a été associée à un risque accru de certains types de cancer, comme celui de l'utérus, la vésicule biliaire, le foie, le col de l'utérus, la thyroïde et la leucémie. Des valeurs d’IMC trop élevées augmentaient également le risque global de cancer du foie, du côlon et de l’ovaire.

Un état des connaissances a été publié par l’INCa et le réseau NACRe en juin 2015 (INCa, Nacre, 2015). Après analyse de la littérature scientifique, les experts de ce rapport ont évalué les niveaux de preuve de l’augmentation du risque de cancers en relation avec le surpoids et l’obésité. Ce niveau de preuve est qualifié de « convaincant » pour les cancers de l’œsophage, du pancréas, du côlon-rectum, du sein après la ménopause, de l’endomètre et du rein. Il est qualifié de « probable » pour les cancers de la vésicule biliaire, de l’ovaire, du foie et de la prostate au stade avancé et pour les cancers hématopoïétiques.

Pour les cancers de l’estomac proximal (cardia) et de la thyroïde, le niveau de preuve de l’augmentation du risque par la surcharge pondérale est qualifié de « suggéré ».  Il est qualifié de « non concluant » pour le mélanome et les cancers de la prostate au stade localisé, du testicule, de l’estomac distal, du poumon, de la bouche, du pharynx et du larynx.

Chez la femme non ménopausée, le niveau de preuve de la diminution de risque de cancer du sein est qualifié de « probable ».

Prévention de la prise de poids et prise en charge de la surcharge pondérale pendant et après le traitement du cancer du sein

Au cours du traitement du cancer du sein, la prise de poids concerne près d'une patiente sur deux avec une prise de poids variable de 3 à 5 kg. Le surpoids ou l’obésité au moment du diagnostic de cancer du sein et la prise de poids sont associés à un risque accru de récidive, de développement d’un second cancer et de mortalité liée au cancer initial. Afin de prévenir ces risques, il est important de maintenir une activité physique régulière et de privilégier une alimentation diversifiée à faible densité énergétique.

Recommandations après le traitement d’un cancer du sein de stade précoce, pour les patientes en surpoids ou obèses


- Recommandations nutritionnelles dans la prise en charge du cancer du sein qui ont été élaborées dans le cadre des recommandations pour la pratique clinique Nice-St-Paul de Vence 2009
- Synthèse des recommandations « Nutrition chez le patient adulte atteint de cancer » SFNEP 2012

Recommandations pour prévenir le surpoids et l’obésité

Il est recommandé de maintenir un poids optimal, caractérisé par un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 18,5 et 25 kg/m2.

Pour prévenir le surpoids et l’obésité :
- Pratiquer quotidiennement au moins 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée comparable à la marche rapide (qu’on peut fractionner en 3 fois 10 minutes) et limiter les activités sédentaires (ordinateur, télévision…) ;
- Consommer peu d’aliments à forte densité énergétique et privilégier les aliments à faible densité énergétique tels que les fruits et légumes.
- Surveiller le poids de façon régulière (une fois par mois).

Données actuelles, évolutions récentes

La France a mis en place depuis plusieurs années des plans et programmes de santé publique soit par déterminants de santé, soit par pathologies. Le Plan Obésité 2010-2013 http://www.sante.gouv.fr/plan-obesite.html a permis la mise en place de centres spécialisés de prise en charge. Au nombre de 37, ces centres spécialisés sont répartis dans toutes les régions de France. Ils disposent d’équipes médicales multidisciplinaires et de l’équipement adapté à la prise en charge des patients atteint d’obésité sévère.

 

Parallèlement, le Programme national nutrition santé (PNNS) a pour objectif d’améliorer l’état de santé de la population en agissant sur les facteurs nutritionnels. Le plan national de lutte contre le cancer vise à réduire l’incidence des cancers, avec pour axe majeur la prévention primaire, en particulier par la réduction des expositions aux facteurs de risque reconnus.

La nutrition est avec la lutte contre le tabac et l’alcool un domaine dans lequel des progrès essentiels peuvent être réalisés et peuvent participer à la baisse de l’incidence des cancers.

 

 Auteur Unité cancer et environnement

 Relecteur : Dr Marina Touillaud, épidémiologiste, Centre Léon Bérard

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Mise à jour le 21 avr. 2016

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