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Cannabis

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Messages clés

 
  • Le cannabis aussi appelé marijuana, haschich ou shit est une plante qui produit une substance blanche appelée tétrahydrocannabinol (THC: psychotrope chimique delta-9-tétrahydrocannabinol), principe actif du cannabis responsable d’effets psychoactifs.
 
  • Le cannabis est la drogue illicite la plus couramment consommée dans le monde avec près de 200 millions d’utilisateurs (2016). La France est le 5e pays européen consommateur de cannabis.
 
  • Le tétrahydrocannabinol (THC), n’est pas classé comme agent cancérogène par le CIRC.

  • La consommation de cannabis va généralement induire une euphorie modérée et un sentiment de bien-être mais aussi une diminution de la mémoire et des troubles de l’attention. La prise diminue les capacités cognitives (mémorisation, apprentissage) mais peut également provoquer des symptômes psychiatriques.

  • Un risque de dépendance (majoritairement psychique) peut apparaitre à un niveau de consommation élevé. Les données sur les risques de cancer liés au cannabis sont à ce jour limitées mais des associations ont été suggérées avec les cancers du poumon, des voies aérodigestives supérieures (VADS), du col utérin et des testicules.

SOMMAIRE

 


Généralités

Le cannabis est une plante qui a pour origine le chanvre Cannabis sativa, qui produit après floraison une substance blanche appelée tétrahydrocannabinol (THC : psychotrope chimique delta-9-tétrahydrocannabinol) responsable d’effets psychoactifs qui confèrent au cannabis un statut de « stupéfiant ». La concentration de THC est très variable, elle dépend de la manière dont la plante a poussé et de sa provenance.

Le cannabis est une plante produite en grande quantité dans le monde (on estime la production à 2 kilos par seconde). Il s’agit de la substance psychoactive illicite la plus populaire au monde et on estime en 2016 à 192 millions de consommateurs de cannabis au niveau mondial. En France, en 2010, on comptait 1,2 million de fumeurs réguliers (plus de 10 joints par mois). La France est le 5e pays européen consommateur de cannabis.

Origine du cannabis

À l’origine, le cannabis est une plante connue sous le nom de chanvre. Cette plante, originaire de la région de l’Himalaya, était cultivée pour ses fibres solides qui servaient à fabriquer des cordes, du papier et du tissu (actuellement, bon nombre d’habits sont encore fabriqués à partir de chanvre). Sa résine était aussi utilisée pour soulager les douleurs, les spasmes, les problèmes d’appétit ainsi que les troubles du sommeil. Au début du 19ème siècle, certains médecins introduirent le cannabis en Europe. Ces derniers lui prêtaient des vertus thérapeutiques pouvant soigner certaines migraines, l’épilepsie ou encore l’asthme. Dans certains pays notamment dans certains états des États-Unis, le cannabis est prescrit à des fins médicamenteuses, le plus souvent pour aider les personnes atteintes de maladies graves.

Cannabis sous toutes ses formes

L’herbe (marijuana, ganja, beuh…) est composée des feuilles et tiges de la plante. Une fois bien sèche, la plante s’effrite pour venir se mélanger avec du tabac la plupart du temps, puis roulées en cigarette également appelé « joint », « pétard », « marie jeanne » …

La résine (haschisch, hasch, shit, bédo, chichon…) obtenue à partir des extrémités fleuries de la plante. La résine se présente sous la forme de plaques compressées, de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de production et selon la composition. Comme l’herbe, elle se fume généralement mélangée à du tabac : « le joint ». Le haschich peut être coupé avec du henné, du cirage, de la paraffine, ou d’autres substances plus ou moins toxiques pour la santé.

L’huile de cannabis est une préparation plus concentrée en principe actif de THC, consommée généralement au moyen d’une pipe ou d’un « bang ». Les utilisateurs peuvent mélanger la marijuana dans les aliments (comestibles), comme les brownies, cookies, bonbons etc…

 

 Données épidémiologiques sur la consommation de cannabis

Données en France et en région Auvergne Rhône-Alpes

Parmi les consommations de drogues illicites, le cannabis se place en tête au niveau national. Ainsi, en 2014, l’expérimentation a atteint 42% chez les 18-64 ans et elle était à 47,8% chez les jeunes de 17 ans. Chez ces derniers, on observe cependant une diminution de l’expérimentation et de la consommation régulière entre 2014 et 2017 (Enquêtes Escapad 2014 et 2017).

Evolution de la consommation de cannabis en France 2000-2017

Source Enquête Escapad 2017 – France métropolitaine, OFDT

En janvier 2016, l’OFDT indiquait que « si un tiers des Rhônalpins de tous âges (32 %) ont expérimenté le cannabis, cette proportion plafonne dans les jeunes générations (49 % à 17 ans), ce qui témoigne un accès facile à ce produit, compte tenu de son caractère illicite. L’usage de cannabis à l’adolescence a fortement progressé en Rhône-Alpes passant de 6 % d’usagers réguliers âgés de 17 ans en 2008 à 9% en 2014 (+ 50 %). Toutefois en France, la région Rhône alpine se situe à un niveau équivalent de la moyenne métropolitaine. »

En population adulte, qu’il s’agisse de l’expérimentation ou de l’usage dans l’année, la consommation de cannabis est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Chez les jeunes de 17 ans, les filles sont autant concernées que les garçons en termes d’expérimentation ou d’usage au cours de l’année. (ORS ARA, 2018)

Usage régulier de cannabis à 17 ans en 2014

En ce qui concerne les consommations régulières pour les adolescents, on observe un gradient Nord Sud à l’échelle nationale avec un usage régulier du cannabis plus faible dans les régions du Nord par rapport à la moyenne nationale et un usage régulier du cannabis plus élevé dans les régions du Sud par rapport à la moyenne nationale. On retrouve d’ailleurs le même type de gradient à l’échelle européenne : l’Europe du Nord est peu consommatrice face à l’Europe de l’Ouest et du Sud.

Carte de la France de l'usage régulier du cannabis à 17 ans en 2014

Source Enquête Escapad 2014 – Exploitation régionale, OFDT

 Cannabis dans le monde (OMS)

Le cannabis est la drogue illicite la plus couramment utilisée dans le monde (Office de Nations Unies contre la Drogue et le Crime-ONUDC, 2015). Le Drug Report 2015 montre des taux de prévalence très élevés parmi les pays d'Afrique centrale occidentale, d'Amérique du Nord et d'Amérique du Nord et en Océanie. Historiquement, l'usage et la culture du cannabis ont été très répandus en Afrique, Europe centrale, Asie du Sud et en Chine depuis la préhistoire.

La consommation annuelle de Cannabis à travers le monde est de 66 000 tonnes, soit 180 tonnes/jour.

Environ 13,1 millions de personnes sont dépendantes du cannabis dans le monde (Degenhardt, 2013). La prévalence mondiale de la dépendance au cannabis dans la population générale est inférieure à un demi pour cent, mais il existe une prévalence plus élevée dans les pays à revenu élevé où certaines des études les plus récentes ont montré des taux de 1 à 2 % (NIH, 2015).

Selon l'étude Global Burden of Disease (Degenhardt et al., 2013), les hommes ont des taux de prévalence à la dépendance au cannabis plus élevés (0,23% [0,20-0,27%]) que les femmes (0,14% [0,12-0,16%]). Les femmes présentent une progression importante de la consommation de cannabis après la première consommation et plus de problèmes cliniques indésirables par rapport aux hommes (Cooper et al., 2014). La prévalence atteint son maximum dans le groupe des 20-24 ans, entre 0,4 % et 3,4 % chez les hommes et entre 0,2 % et 1,9 % chez les femmes dans toutes les régions. Par la suite, elle diminue régulièrement avec l'âge. Selon certaines indications, la prévalence de la dépendance au cannabis a augmenté dans le monde entier entre 2001 et 2010 (Degenhardt et al., 2013).

 

Cannabis et effets sur la santé : dangers réels ou supposés ?

Les préparations de cannabis obtenues à partir de la plante femelle Cannabis sativa contiennent au moins 750 produits chimiques et environ 104 cannabinoïdes différents (Radwan et al., 2015). Les principaux cannabinoïdes de la plante de cannabis sont le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN). Le THC est le principal composé psychoactif, le CBD est un composé non psychomimétique, se classant au deuxième rang des cannabinoïdes. En général, le THC se trouve à des concentrations plus élevées que le CBD.

Il est important de différencier usages, y compris usage chronique, et addiction (« toxicomanie »). L’usage chronique ne signifie pas l’addiction (comme pour l’alcool). Beaucoup d’usagers chroniques de cannabis n’ont pas de critères d’addiction. 

Cannabis et cancer

Le principe actif le plus connu du cannabis est le tétrahydrocannabinol (THC) qui n’a pas été évalué par le Centre International de Recherche sur le Cancer-CIRC à ce jour. En France, le cannabis est consommé sous forme de joint la plupart du temps. Comme pour tous les produits fumés avec combustion, le dégagement de substances cancérogènes expose les cellules pulmonaires profondes par voie aérienne et entrainent des lésions pouvant évoluer en cancer du poumon. Par ailleurs, la fumée produite par la consommation d’un joint contient six à sept fois plus de monoxyde de carbone et de goudrons (N.B. : les goudrons sont classés comme cancérogènes certains (groupe 1) par le CIRC) que trois à six cigarettes manufacturées. 

Une méta-analyse américaine de 2006 portant sur 19 études, rapporte que le goudron et la façon de consommer du cannabis (profondeur de l’inhalation et rétention de la fumée plus prolongée) favorise les risques de formation de cellules cancéreuses (Mehra et al., 2006). En 2013, une étude ayant suivi 49,321 hommes en Suède exposés au tabac et au cannabis montre une multiplication du risque par deux de développer un cancer du poumon pour les utilisateurs « intensifs » (définis comme ayant consommé du cannabis plus de 50 fois dans leur vie) (Callaghan et al., 2013).

Dans la littérature, l’implication du cannabis dans la survenue de cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), de la langue et du larynx de la prostate, de cancers du col utérin et de cancers des testicules a été suggérée. (Huang, 2015). L’association de la consommation de tabac et celle de cannabis pourrait multiplier les risques de développer un cancer.

Bien que des études in vitro et in vivo aient suggéré que les cannabinoïdes inhibent la prolifération des cellules cancéreuses, stimulent l'apoptose et pourraient inhiber l'angiogenèse, de faibles doses de cannabinoïdes largement consommés (cannabidiol et cannabidivarine) ont été suggérées pour causer des dommages à l'ADN et des aberrations chromosomiques dans les cellules humaines dérivées. Le rôle des cannabinoïdes dans la cancérogenèse et la prolifération cellulaire et l'impact des cannabinoïdes sur le système immunitaire dans le contexte du développement du cancer, ne sont pas encore entièrement compris.

Autres risques pour la santé

En ce qui concerne les risques cardiométaboliques, une hausse du risque d’attaque cardiaque a été suggérée, mais davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer l’influence de la consommation sur le développement de ces pathologies.

Pour les maladies respiratoires, fumer régulièrement du cannabis semble être à long terme associé avec des épisodes plus fréquents de bronchites chroniques, et de symptômes respiratoires plus sévères (toux chronique, production de mucosités), ces conséquences rappelant celles observées lors du tabagisme.

La consommation aigüe de cannabis peut être l’origine de troubles psychologiques (troubles anxieux, attaques de paniques…), eux-mêmes pouvant être parfois inauguraux de pathologies chroniques. En effet, la consommation régulière de cannabis peut être un facteur aggravant de toutes les maladies psychiatriques voire même d’un déclin cognitif lorsque la consommation est initiée au début de l'adolescence.

 

 Législation

La légalisation du cannabis fait l'objet de nombreux débats dans certains pays. Parmi les pays d’Europe, ce sont la France, la Suède et la Finlande qui appliquent la politique la plus sévère, en sanctionnant pénalement l’usage de cannabis. En France, la loi prévoit des peines maximales d’un an d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende pour la possession de cannabis (article 3421-1 du Code de la Santé Publique). Dans d’autres pays (Espagne, Portugal, Luxembourg, Estonie, Lituanie, Bulgarie), la sanction n’est qu’administrative : les usagers ne risquent donc que des amendes. En Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas, en Italie et en Allemagne, on tolère la détention d’une certaine quantité cannabis qui correspond à celle des seuls besoins personnels.

Dans le texte original de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, le cannabis et la résine de cannabis sont inscrits au tableau IV et sont donc également inclus au tableau I et soumis à toutes les mesures de contrôle applicables aux stupéfiants.  

 Cannabis thérapeutique

Une reconnaissance progressive de certaines vertus thérapeutiques du cannabis dans certaines indications, a conduit, ces dernières années, de nombreux gouvernements à infléchir leur législation pour le rendre accessible aux personnes malades. Mais derrière la quarantaine de pays permettant l’accès à du « cannabis thérapeutique » se décline une grande variété de situations : il est vendu en pharmacie sans ordonnance en Macédoine, cultivé par l’armée en Italie, mais accessible seulement sur prescription en Argentine, et seulement sous forme de spray au Brésil. En Hongrie, certains médicaments à base de cannabis sont accessibles aux patients atteints de sclérose en plaque, mais seulement après une validation, au cas par cas, des autorités.

En France, depuis plusieurs années, un dérivé de cannabis, obtenu par synthèse, le Marinol (dronabinol), peut être prescrit contre les nausées et vomissements pour des patients traités par chimiothérapie, mais dans le cadre réglementé d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU). Il s’agit là non pas d’une AMM mais d’une procédure spéciale réservée à des pathologies pour lesquelles il n’existe pas de traitement  aapproprié.

Le SATIVEX (nabiximols, médicament à base d’extraits de cannabis) est prescrit et distribué dans 17 pays européens et d’autres pays du monde, comme le Canada. En France, il a obtenu son AMM en janvier 2014, avec pour indication "spasticité dans la sclérose en plaques après échec des autres thérapeutiques". 

Le 10 septembre 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a créé, pour un an, un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire sur l’évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France. En décembre 2018, le comité d’experts a rendu un avis en faveur d’une autorisation de l’usage du cannabis à visée médicale pour les patients, « en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance des thérapeutiques, médicamenteuses ou non » et « dans certaines situations cliniques » (épilepsie sévère, soins de support en oncologie, spasticité douloureuse de la sclérose en plaques et situations palliatives).

 

Auteur :  Département Cancer et Environnement

Relecture : Dr Benjamin Rolland, MD, PhD, Chef de Service, Service Universitaire d'Addictologie de Lyon (SUAL) Centre Hospitalier Le Vinatier, Bron, France ; Pr Béatrice Fervers, médecin oncologue, Centre Léon Bérard, Lyon, France.

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Mise à jour le 21 févr. 2019

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