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Les déchets

 

Messages clés

  • Les diverses activités de gestion des traitements des déchets ménagers et assimilés (DMA) peuvent entraîner une pollution chimique, physique ou liée à des agents biologiques.
     
  • Les différents modes de gestion de traitement des DMA sont la collecte, le tri, l’incinération, les installations de stockage et les plateformes de compostage.
     
  • La gestion des DMA peut impacter l’environnement : l’incinération est source d’émissions atmosphériques, de résidus solides et de rejets liquides ; la mise en décharge peut contaminer les sols et les eaux souterraines ; le compostage peut également contaminer les sols. 
     
  •  Des études ont été menées pour évaluer le risque de cancer en lien avec certains modes de gestion des DMA : il a été constaté pour des expositions passées à des rejets d’anciens incinérateurs, un probable excès de risque des lymphomes malins non hodgkiniens et de sarcomes des tissus mous, une augmentation de la fréquence globale de cancers chez la femme, du cancer du poumon tous sexes confondus et une augmentation de cancer gastro-intestinaux et de cancer du foie. La relation de causalité n’a cependant pas été démontrée. 
     
  • A ce jour, il n’existe aucun cancer reconnu d’origine professionnelle lié à la gestion des déchets.
     
  • L’engagement 265 du Grenelle, mis en place début 2008, consiste en l’évaluation de l’impact environnemental et sanitaire des modes de gestion des déchets. Ses objectifs sont l’augmentation du recyclage et l’accroissement des flux de déchets détournés du stockage et de l’incinération.

 

Informations complémentaires - (suite)

 

Les déchets: présentation générale

Toute activité humaine génère des déchets en quantité et nature très variables, ceux-ci ont toujours été source de problèmes ou de risques, fluctuant selon les civilisations. Leur impact s’avère d’autant plus grand que la densité de population est importante, ce qui est le cas des villes et grandes métropoles. Les sociétés tentent de mieux prendre en compte leurs volumes croissants, leurs impacts environnementaux et sanitaires, leur nature plus technique, et plus généralement toutes les gênes qu’occasionnent les déchets.

Les diverses activités de traitement des déchets peuvent entraîner une pollution essentiellement chimique (particules émises dans les fumées, etc.), mais aussi physique (bruit) ou encore liée à des agents biologiques (micro-organismes tels les bactéries, champignons), dont les effets potentiels sur la santé sont diversement étudiés et décrits dans la littérature scientifique.
 

Réduction des déchets : un enjeu environnemental, sanitaire et financier

En France, le volume total des déchets est en croissance constante. Parmi ces déchets, la production d’ordures ménagères, c’est-à-dire ceux produits directement par les ménages, a doublé en 40 ans.. Cependant, malgré des avancées technologiques importantes, une législation améliorée et des systèmes réglementaires rigoureux dans le domaine de la production et de la gestion des déchets, des effets défavorables sur l'environnement et la santé humaine sont toujours constatés. De plus, l’augmentation de la quantité des déchets à gérer et la diminution des ressources naturelles rendent nécessaire un développement des collectes sélectives et des infrastructures de traitement et de recyclage. Le coût important de ces dispositifs met en difficulté les budgets des autorités publiques locales et régionales. Les collectes et les traitements de nos déchets augmentent le montant de nos taxes.

Un cadre légal fixé au niveau européen

La gestion des déchets en Europe est en grande partie régie par une série de règlements européens qui fonde la gestion des déchets sur une hiérarchisation des stratégies :

  • la prévention des déchets avec pour objectif la réduction de la production d’ordures ménagères et assimilés (5 kg par an et par habitant soit 25 kg en 5 ans)
  • La préparation au réemploi
  • La valorisation, dont la valorisation énergétique
  • Le stockage sécurisé, ayant un rôle majeur dans la prévention des déchets.

Les états membres devaient transcrire cette Directive révisée dans les réglementations nationales – lois, règlements et dispositions administratives avant le 12 décembre 2010.

Impact de la gestion des déchets sur l’environnement et la santé

Les questions de santé résultent de l’association de l'exposition des professionnels et des riverains à certaines substances dangereuses, ou émissions contenues et rejetées par les sites de décharge, les sites d’incinération, de tri, démantèlement, recyclage…. 

L’incinération des déchets est source d’émissions atmosphériques (poussières et gaz), de résidus solides : on parle de résidus d'épuration des fumées d'incinération des ordures ménagères (REFIOM) et de mâchefers) et de rejets liquides.

La mise en décharge est source d’une contamination possible du sol et des eaux souterraines et de nuisances pour les riverains.

Le compostage produit un matériau fertilisant utilisable en agriculture mais qui peut aussi contribuer à contaminer les sols et induire des risques pour les personnels des usines de compostage et pour les populations environnantes de ces sites.

Déchets et cancers

Les conséquences directes et indirectes de cette pollution sur l'homme sont multiples :

  • allergène (qui entraîne des allergies),
  • cancérogène (qui provoque des cancers),
  • mutagène (qui entraîne des modifications des chromosomes),
  • tératogène (qui provoque des malformations).

Beaucoup d'études ont été effectuées sur les incinérateurs de déchets, particulièrement en France, pays ayant le plus grand nombre d'incinérateurs dans l'Union Européenne (études de l’incinérateur de Besançon, Viel J.F, 2000). Autour des incinérateurs des déchets, les cancers les plus souvent recensés sont les lymphomes non Hodgkiniens et les sarcomes des tissus mous (Viel, J.F, 2008).

Ces installations sont responsables de hautes émissions de dioxines, mais les études menées n’ont pas démontré une association significative entre l’exposition à de fortes teneurs en dioxines et l’apparition de lymphomes non Hodgkiniens et sarcomes des tissus mous (Info-Santé N°46). D'autres polluants comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les métaux lourds émis sont aussi supposés être responsables de cancers dans la population exposée.(cf : Ouvrages de la SFSP

Déchets et maladies professionnelles

Déchets et agents biologiques

La répartition des études traitant d’exposition professionnelle à des agents biologiques est très inégale selon les filières. La majorité des études concernent les filières de traitement des déchets où la manipulation, manuelle et/ou mécanique, des déchets ménagers (collecte et tri) et des déchets verts (collecte, tri et compostage) expose les travailleurs à des agents biologiques dispersés dans l’air. D’autres études plus récentes traitent des travailleurs exposés aux bioaérosols dans les sites de compostage (ADEME, CAREPS, 2002)


Déchets et maladies professionnelles : les données de la littérature

Dans le cas du stockage des déchets ménagers, une symptomatologie des voies respiratoires sans retentissement chronique évident a été mise en évidence chez les salariés (Hours.M, 2001 ; Maitre.A, 2003). Il existe bien une convergence des données montrant l’existence d’un lien entre la collecte, le tri des déchets et des troubles respiratoires et digestifs chez les professionnels.

Le thème du compostage est récent mais on retrouve dans la bibliographie l’existence d’un lien entre l’exposition au compostage et des troubles respiratoires et ORL. Les résultats des études concernant le traitement des eaux usées mentionnent des symptômes respiratoires et des signes généraux comme les troubles gastro-intestinaux pour les professionnels. A propos de l’épandage, les données ne montrent aucun lien entre les effets sanitaires évoqués (symptômes gastro-intestinaux et infections) et l’épandage des boues d’épurations. (WHO, 2000 ; Bonvallot N 2003).

Evolutions récentes

Début 2008, le Grenelle de l’environnement a mis en place un intergroupe de travail sur le thème «Déchets» qui a abordé des thèmes spécifiques aux déchets mais aussi transversaux tels que l’environnement et la santé publique. Un des engagements du Grenelle est que l’évaluation de l’impact environnemental et sanitaire des modes de gestion des déchets soit une priorité et que les travaux dans le domaine soient renforcés. Cette évaluation permettra de s’assurer d’une limitation des impacts des modes de gestion retenus (de la collecte à l’élimination) et d’accompagner les innovations dans la prise en compte de ces enjeux. La loi dite Grenelle 2, adoptée par le Sénat le 8 octobre 2009, et par l’Assemblée nationale en mai 2010, décline les objectifs entérinés par le premier volet législatif du Grenelle Environnement. Il permet d’enraciner la mutation écologique à la fois dans les habitudes et dans la durée. L’un des six chantiers concerne les risques, la santé et les déchets

L’engagement 265 du Grenelle consiste en l’évaluation de l’impact environnemental et sanitaire des différents modes de gestion des déchets avec pour objectifs distincts :

  • Augmentation du recyclage (matière et organique) (en 2012 35% des déchets ménagers et assimilés orientés vers le recyclage matière ou organique. En 2015 45% des déchets ménagers et assimilés orientés vers le recyclage matière ou organique)
  • Accroître les flux de déchets détournés du stockage et de l’incinération avec un objectif de diminution des déchets destinés à l’enfouissement ou à l’incinération (diminution de 15% à l’horizon 2012).

En réponse aux engagements du Grenelle de l'environnement, une filière spécifique de collecte et de valorisation des déchets ménagers issus de produits chimiques a été mise en place en France en janvier 2012. Elle vise à améliorer leur collecte, leur traitement et leur gestion, ainsi qu'à diminuer les risques environnementaux et sanitaires qui peuvent y être associés. La gestion de ces déchets devra désormais être assurée par les producteurs de produits chimiques.

Dans le cadre d'un partenariat entre l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) en Rhône-Alpes et l’unité Cancer-Environnement du Centre Léon Bérard de Lyon, un état des connaissances des effets sanitaires des principaux modes de gestion des déchets ménagers a été dressé grâce à une revue bibliographique internationale (Falette, 2010). Ce rapport scientifique et ses annexes sont disponibles depuis fin mai 2012 (voir lien dans la rubrique "Etudes et publications scientifiques"). Une synthèse de ce rapport a également été réalisée par l'ORS Rhône-Alpes et le Centre Léon Bérard (mars 2012), incluant une description de la situation des déchets ménagers en Rhône-Alpes ainsi que des études épidémiologiques qui ont été conduites autour des incinérateurs de la région (voir lien dans la rubrique "Informations des publics").

Sources rédactionnelles : ADEME, Info-santé Déchets N° 46, Actu Santé-environnement de FNE n° 32 08/2003, Institut d’aménagement et d’urbanisme Ile de FranceLes nouvelles techniques de recyclage et de valorisation des déchets ménagers et des déchets industriels banals (Miquel et Poignant, juin 1999) : 

Auteur : Unité Cancer et Environnement
Relecture : Isabelle Deportes, ADEME - Service Prévention et Gestion des Déchets, Angers

Pour aller plus loin sur ce thème

Rapports et textes officiels

Mise à jour le 20 juil. 2018

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