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Diethylstilbestrol (DES)

 

 

Introduction: le diethylstilbestrol

Découvert en 1938, le diéthylstilbestrol (DES) est la dénomination commune internationale d’un œstrogène de synthèse. Il a été commercialisé mondialement dès 1947. En France, le DES était prescrit sous les noms de Distilbène®, Stilboestrol-Borne® et Furostilboestrol® de 1948 à 1977. Ce médicament était destiné initialement aux femmes ayant des difficultés à procréer. Ainsi, le DES était utilisé en prévention des accouchements prématurés et des avortements tardifs et à répétition (DES-France).

Une association positive entre le DES et le cancer du vagin chez les jeunes filles qui avaient été exposées in utero a été démontrée pour la première fois aux Etats Unis en 1971. En France, on estime que plus de 200 000 femmes ont été traitées par DES pendant leur grossesse en France et près de 160 000 enfants nés exposés in utero au DES (Afssaps, 2011).

 

Conséquences sur la santé

Le DES a été classé cancérogène certain (Groupe 1) par le CIRC en 2012 (CIRC, 2012).

Le tableau suivant indique le niveau d’indications de cancérogénicité du DES au niveau des organes concernés.

 

Tableau 1 Evaluation du niveau d’indications de cancérogénicité du DES par le CIRC

Cancer

DES considéré comme agent cancérogène avec indications suffisantes

DES considéré comme agent cancérogène avec indications limitées

Sein

X

 

Vagin

X (exposition in utero)

 

Col utérin

X (exposition in utero)

 

Endomètre

 

X

Testicule

 

X (exposition in utero)

 

Première génération

D’après les données actuelles disponibles, une association positive a été suggérée entre l’exposition au DES pendant la grossesse et une augmentation de l’incidence et de la mortalité du cancer du sein chez les « Mères-DES ». Une surveillance plus poussée chez ces femmes peut être considérée comme un biais à cette association. Par ailleurs, une augmentation du risque de cancer de l’endomètre a été observée chez les femmes traitées au DES pour la dysgénésie gonadique et pour les symptômes de la ménopause. Des relations entre exposition au DES et cancers des ovaires et du col utérin ont également été mises en évidence, mais les données actuelles ne permettent pas de conclure sur la cancérogénicité du DES (CIRC, 2012).

 

Deuxième génération

L’exposition au DES in utéro chez les filles DES – 2ème génération est associée aux cancers du vagin et du col utérin. Le DES est considéré comme agent cancérogène certain (Groupe 1)  par le CIRC.

Le risque de cancer du sein chez les filles exposées in utero a été étudié mais les résultats des études disponibles sont contradictoires. Concernant l’apparition de troubles psychiatriques à la post-adolescence, les résultats des données actuelles ne mettent pas en évidence d’association avec une exposition in utero au DES (Afssaps, 2011).

Des pathologies non cancéreuses ont été observées chez les générations exposées in utero. En effet, les principales complications documentées (détaillées dans le tableau suivant) sont d’une part des anomalies structurales, morphologiques et fonctionnelles au niveau du vagin, du col et du corps de l’utérus chez la fille et d’autre part, au niveau des testicules, de l’urètre des épididymes chez le garçon (Afssaps, 2011, CIRC, 2012, DES-France ).

Tableau 2 Conséquences non cancéreuses observées chez les 2ème générations exposées in utero

Deuxième génération

Filles DES

  Garçons DES

Adénose cervico-vaginale*

  Kystes épididymaires*

Anomalies cervico-vaginales (hypoplasie* du col utérin)

  Anomalies testiculaires à type

d’hypotrophie* testiculaire

Anomalies utérines (utérus en forme de T, hypoplasie utérine…)

  Cryptorchidie     

Anomalies des trompes

 

Troubles de l’ovulation*

 

Atteintes du col avec anomalies de la glaire cervicale*

 

Grossesses extra-utérines

 

Fausses couches précoces et tardives

 

Accouchements prématurés

 

Hémorragie à la délivrance

 

 

Troisième génération

Les troubles observés chez les enfants de parents exposés in utero au DES sont principalement liés aux complications associées aux naissances prématurés. A ce jour, aucune association entre une exposition in utero et des anomalies de l’appareil génital des filles n’a été mise en évidence. Des cas d’hypospadias* chez les garçons soulignent la nécessité de surveiller et d’étudier les risques multigénérationnels de malformations génito-urinaires associés à une exposition au DES (Afssaps, 2011).

 

Evolutions récentes

A l’heure actuelle, les effets du DES sur la troisième génération ne sont pas encore totalement élucidés. Des études complémentaires, et notamment sur l’atrésie* de l’œsophage et le risque de malformations cardio-vasculaires devront être menées prochainement (DES, France).

En 2016, les résultats d’une étude ont confirmé la transmission transgénérationnelle des malformations de l’appareil génital chez les garçons. Une augmentation des malformations de l’œsophage, de la cavité buccale et des anomalies de l’appareil musculo-squelettique a été observée chez la troisième génération. Ces résultats sont à prendre avec précaution compte tenu de la cohorte relativement jeune (Tournaire, L., 2016).

Le DES est actuellement commercialisé en France pour traiter les cancers de la prostate. Cependant le service médical rendu a été évalué à « faible » (HAS, 2016).

 

Auteur : Unité Cancer Environnement

Relecteur: Dr Chopin, Médecin en Chirurgie cancérologique - Gynécologie, Sein - Centre Léon Bérard

Mise à jour le 7 avr. 2017

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