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Les polychlorobiphényles (PCB)

 

Messages clés

  • Les polychlorobiphényles (PCB) sont des polluants organiques persistants c’est-à-dire des substances qui se désagrègent très peu dans l’environnement et s’accumulent dans différents milieux, et en particulier le sol.
  • La production et l’utilisation des PCB sont interdites depuis 1987. Des arrêtés préfectoraux réglementent la pêche du fait de la contamination des rivières ou de la mer par les PCB qui se sont fixés dans le temps sur les matières en suspension et les sédiments dans les canaux et les cours d’eau.
     
  • L’alimentation constitue la principale source d’exposition aux PCB (90% de l’exposition totale). Les PCB sont surtout présents dans les produits d’origine animale : poissons, viande, œufs, produits laitiers.
     
  • En 2013; sur la base d'indications suffisantes de cancérogénicité chez l'homme et chez l'animal, le CIRC a classé les PCBs comme cancérogènes certains pour l'Homme (Groupe 1). De plus les PCBs de type dioxine ont aussi été classés dans le groupe 1 sur la base de fortes indications d'un mécanisme de cancérogénèse.

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Les PCB: présentation générale
La contamination de la chaine alimentaire
L’exposition professionnelle aux PCB
L’interdiction et les mesures de décontamination des PCB
Les restrictions de la pêche
Evolutions récentes

Les polychlorobiphényles (PCB): présentation générale

Fabriqués depuis les années 1920, les polychlorobiphényles (PCB) sont une famille de molécules chimiques de synthèse massivement utilisées entre 1930 et 1970 comme lubrifiants (turbines, pompes…) et dans la fabrication de transformateurs électriques et de condensateurs. On les a également utilisés dans certains adhésifs, peintures, huiles… Ils sont aussi connus en France sous le nom de pyralène, nom commercial d’un produit à base de PCB très utilisé autrefois dans les transformateurs électriques.

Les PCB sont classés cancérogènes certains (groupe 1, du CIRC) pour l'Homme.

Leur rôle est débattu dans la survenue des cancers du sein et de la prostate du fait de leur activité perturbatrice endocrinienne. Des études récentes vont dans ce sens mais pas toujours de façon concordante. Par ailleurs les congénères individuels (PCB118, PCB126) et plusieurs produits commerciaux hautement chlorés induisent des tumeurs bénignes et malignes du foie, du poumon, et de la muqueuse orale chez le rat ; ces études ont fourni des indications suffisantes de cancérogénicité chez l’animal. De plus des  excès de risque de mélanome ont été rapportés dans plusieurs études, principalement des études de cohortes de travailleurs dans la fabrication de condensateurs et de transformateurs, et dans la maintenance d’alimentation et d’équipement.

Globalement, tous les PCBs peuvent induire la formation d’espèces réactives de l’oxygène, des effets génotoxiques, une suppression immunitaire, une réponse inflammatoire, et des effets endocriniens à différents degrés et par différentes voies.

Les PCB (CAS 1336-36-3) se désagrègent très peu : ce sont des polluants organiques persistants (POP). Ils sont difficiles à détruire dans l’environnement. Ils se sont ainsi accumulés dans les sols, notamment à cause des rejets industriels dans les rivières. Les PBBs ressemblent aux PCBs avce des atomes de brome à la place des atomes de chlore, ils sont classés dans le groupe 2A probablement cancérogènes pour l'Homme.

La contamination de la chaine alimentaire

Les PCB contaminent l’ensemble de la chaine alimentaire jusqu’à l’homme. L’alimentation constitue la principale source d’exposition humaine à ces substances chimiques, soit plus de 90 % de l’exposition totale.
Les aliments dans lesquels ils sont le plus présent sont d’origine animale. Il s’agit notamment des poissons, du lait et produits laitiers, des œufs et de la viande. Les poissons (d’eau douce et de mer) et les fruits de mer constituent une part importante de l’exposition alimentaire des adultes aux PCB. Viennent ensuite les viandes et le lait. Les nourrissons peuvent aussi être exposés aux PCB contenus dans le lait maternel.

L’exposition professionnelle aux PCB

Certaines activités professionnelles sont à l’origine d’expositions aux PCB à concentrations élevées par inhalation ou contact avec la peau. C’est notamment le cas des opérations d’élimination des PCB, de l’entretien de vieux dispositifs électriques, du transport ou de la manipulation d’objets contaminés.
Des maladies en lien avec des expositions aux PCB sont reconnues maladies professionnelles (Tableau 9 : affections provoquées par les dérivés halogénés des hydrocarbures aromatiques). Cette liste d’affections ne comprend pas de pathologies cancéreuses.

L’interdiction et les mesures de décontamination des PCB

La production et l’utilisation des PCB sont interdites depuis 1987. Depuis 2003, un plan national prévoit la décontamination et l’élimination des appareils en contenant, avec échéance à fin 2010 pour l’élimination de ceux recensés et dépassant un seuil de PCB.

Les restrictions de la pêche

Des arrêtés préfectoraux règlementent la pêche du fait de la contamination par les PCB, depuis 2005. Les restrictions concernent tous les poissons dans plusieurs rivières (Essonne, Isère, Seine…) ou sont limitées à certaines espèces dans d’autres (lacs Alpins, partie inférieure du Rhône, littoral normand…). Il s’agit d’interdiction de consommation ou de commercialisation, de transport, voire de loisirs. Le suivi des sites les plus contaminés (analyses prévues par le plan national) conduit à assouplir les interdictions ou à en émettre de nouvelles.

Dans le cadre du plan national d'actions sur les PCB, le ministère chargé de la Santé a demandé, en 2008, à l'Anses, en collaboration avec l'InVS, de réaliser une étude sur l'imprégnation aux PCB des consommateurs adultes de poissons de rivière, principalement les pêcheurs et les membres de leurs familles.
Il ressort de ce rapport d'étude scientifique publié en novembre 2011 que :

  • le niveau de consommation de poissons d'eau douce est faible (en moyenne 1 fois/mois chez les pêcheurs amateurs), en particulier pour les poissons fortement bio-accumulateurs de PCB (environ 2,5 fois/an). Seuls 13% de la population des pêcheurs amateurs de l'étude consomment des poissons fortement bio-accumulateurs plus de deux fois par an.
  • les niveaux d'imprégnations observés chez les participants à l'étude sont similaires à ceux observés dans la population générale. Ils sont inférieurs à ceux de la population française à la fin des années 80 lorsque les PCB ont été interdits.
  • L'étude a aussi mis en évidence que la consommation des poissons fortement bio-accumulateurs était associée à une augmentation de l'imprégnation aux PCB. Cependant, la consommation actuelle de ces poissons aurait une influence moindre sur l'imprégnation que la consommation passée, compte tenu de la diminution progressive de la contamination en PCB dans l'environnement.

     

Evolutions récentes

En 2009, sur la base des données disponibles chez l’animal et d’une meilleure compréhension du mécanisme d’action, le CIRC a classé le PCB 126 (3,3’,4,4’,5 pentachlorobiphényle) dans le Groupe 1 (cancérogène certain).
 

En 2011, sur la base des résultats du rapport d'étude scientifique réalisé par l'Anses et l'InVS, l'Anses s'est auto-saisie afin de déterminer une fréquence de consommation maximale de poissons fortement bio-accumulateurs sans risque sur le long terme et, ainsi, de préciser les recommandations qu'elle avait formulées dans l'avis du 14 juin 2010 relatif à l'évaluation des bénéfices et des risques de la consommation de poissons. Au regard de cette nouvelle étude spécifique au risque PCB, l'Anses recommande de limiter les consommations de poissons d'eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) :

  • à 1 fois tous les 2 mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes,
  • à 2 fois par mois pour le reste de la population

     

Ces recommandations ne sont pas applicables aux zones de très forte contamination pour lesquelles des évaluations de risques spécifiques ont été réalisées par l'Agence depuis 2008. Elles ne remettent donc pas en cause les recommandations locales de non consommation. Sur la base des conclusions de cette étude, l'Anses pourra proposer des recommandations complémentaires en 2012 définissant les modalités d'une surveillance dans la durée de la contamination des cours d'eau.


Sources rédactionnelles : ANSES, CIRC, INCa, INERIS, Inserm, InVS.

Auteur : Unité Cancer et Environnement

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Mise à jour le 21 avr. 2016

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