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Cancer de l'ovaire

Messages clés

  • En France, le cancer de l’ovaire est peu fréquent mais représente la 1ère cause de décès par cancer gynécologique (hors cancer du sein).

 

  • Ce cancer est majoritairement d’origine épithéliale, c’est-à-dire dérivé des cellules situées à la surface de l’ovaire.

 

  • Actuellement, les facteurs de risques de cancer ovarien les mieux établis sont des facteurs génétiques (antécédents familiaux et personnels de cancer du sein et/ou de l’ovaire, mutations génétiques), hormonaux et reproductifs (puberté précoce, ménopause tardive, nulliparité, endométriose).

 

  • Néanmoins, l’environnement et le mode de vie semblent aussi être impliqués dans le développement de ces cancers. Le tabac, l’amiante, le traitement ostrogénique de la ménopause ont été classés comme des facteurs de risques avérés. L’usage de talc, les rayons X, l’obésité, le manque d’activité physique, l’alimentation déséquilibrée sont des facteurs de risque suspectés en l’état actuel des connaissances.

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Pictogramme microscope Présentation

L’ovaire est un organe plein constitué de différents tissus :

  • l’épithélium : qui recouvre les ovaires,
  • les follicules ovariens (cellules germinales) : à partir desquels sont fabriqués les ovules,
  • le stroma : qui constitue à la fois le corps de l’ovaire et le tissu de soutien des cordons sexuels.

Image - Coupe transversale d'un ovaire - Source INCaSource : e-cancer

Les cancers ovariens peuvent se développer à partir de chacun de ces tissus, ce qui a été repris dans la dernière classification de l’Organisation Mondiale de la Santé. (OMS, 2014)

Sont donc distinguées :

  • les tumeurs épithéliales
  • les tumeurs à cellules germinales
  • les tumeurs du mésenchyme des cordons sexuel.

 

 Epidémiologie

Le cancer de l’ovaire est la 8ème cause de cancer chez la femme, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués en 2018 en France est estimé à 5193. Les 3479 décès recensés pour l’année 2018 en font, en France, la 4ème cause de mortalité par cancer (INCa, 2019). Leur diagnostic étant souvent tardif, cela explique leur pronostic souvent défavorable.

Les tumeurs ovariennes les plus fréquentes (90 %) sont les tumeurs épithéliales, ou adénocarcinomes (Ledermann, 2013).

Les variations géographiques des taux d’incidence des tumeurs ovariennes dans le monde suggèrent un rôle du mode de vie dans l’apparition de la maladie (Ferlay, 2015).

Facteurs de risque avérés

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) s’est intéressé à l'identification des expositions environnementales, professionnelles ou comportementales responsables de l'apparition de certains cancers. Cette classification n’inclut pas certains facteurs individuels tels que la génétique, le statut hormonal et reproducteur qui ont souvent un rôle majeur.

Facteurs de risque comportementaux

Pictogramme cigarette Le tabagisme

En 2009, le CIRC a conclu qu’il existait des indications suffisantes en faveur d’un lien causal entre le tabagisme actif et un type spécifique de cancer épithélial de l’ovaire : les tumeurs mucineuses. (CIRC/IARC, 2012)

Les récentes études montrent que les femmes fumeuses auraient environ 1.5 fois plus de risque de développer une tumeur mucineuse que les femmes non fumeuses.  Cependant, le tabagisme ne semble pas être un facteur de risque de cancer de l'ovaire en général, il serait même légèrement protecteur pour certains types rares de cancer ovarien. (Collaborative Group on Epidemiological Studies of Ovarian Cancer, 2012 ; Santucci, 2019)

Facteurs de risque professionnels

Pictogramme amiante L’amiante

Depuis 2009, l’amiante est reconnue comme cancérogène certain pour l’ovaire (CIRC/IARC, 2012). Nombreux sont les états dans le monde qui ont interdit l’utilisation de l’amiante. Mais même dans ces pays, le poids des pathologies liées à l’amiante est toujours en augmentation, du fait des longues périodes de latence entre l’exposition et la déclaration de ces maladies (OMS, 2014). Par ailleurs, l’amiante continue d’être exploitée dans certains pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud et de l’ex-Union soviétique (USGS, 2003).

En France, l’usage de l’amiante est proscrit depuis 1997 (InVS, 2010), mais peu de données sont disponibles pour les femmes sur la prévalence de leur exposition aux fibres d’amiante, les études concernant généralement les hommes retraités (SPF, 2010). Une étude est actuellement en cours pour évaluer la fréquence de l’exposition aux fibres d’amiante chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire (Anses, 2018).

L’exposition professionnelle à l’amiante a changé à travers les années. A partir des années 1950, l’industrie a utilisé massivement des matériaux à base d’amiante exposant de plus en plus leurs ouvriers. A partir des années 1980, c’est le secteur de la construction et du bâtiment qui a été largement concerné. Outre l’extraction des mines d’amiante, les expositions les plus courantes surviennent lors de l’utilisation de l’amiante-ciment, des matériaux d’isolation (construction, maintenance ou destruction des bâtiments) ou des plaquettes de frein. (Goldberg, 2000)

Chez les femmes, il est classique de distinguer trois formes d’exposition (Heller, 1996) :

  • l’exposition professionnelle (essentiellement liée au fait qu’elles travaillent dans un environnement amianté),
  • l’exposition environnementale,
  • l’exposition indirecte par l’intermédiaire des membres de leur famille qui travaillent dans un environnement amianté et rapportent dans le foyer des vêtements contenant des fibres.

A noter que depuis les années 1980, le rôle de l’utilisation de talc sur les zones génitales est débattu dans l’augmentation du risque de cancer ovarien (Berge, 2018). Du fait de son association faible mais quasiment constante dans les études et de son mécanisme d’interaction encore que partiellement connu (mais probablement liée au fait que dans le passé le talc contenait de l’amiante), le CIRC a classé le talc comme possiblement cancérogène pour l’ovaire (CIRC/IARC, 2010).

Facteurs de risque individuels

 La génétique

L’histoire familiale de cancer du sein et/ou de l’ovaire représente le principal facteur de risque, par transmission de gènes de prédisposition. Les 2 gènes les plus fréquemment retrouvés sont les gènes BRCA1 et BRCA2 qui jouent un rôle important dans la réparation de l’ADN et dont la transmission est autosomique dominante. Environ 10 % des cancers de l’ovaire surviennent dans un contexte de prédisposition génétique (HAS, 2010). Il s’agit alors de formes familiales de tumeur de l’ovaire, qui apparaissent à un âge plus précoce (avant 60 ans). L’antécédent personnel de cancer du sein est également un facteur de risque.

Même si l’histoire familiale n’est pas toujours présente (notamment dans les familles peu nombreuses), toutes les patientes qui ont un diagnostic de cancer de l’ovaire sont adressées à un onco-généticien, qui peut éventuellement prescrire des analyses génétiques. Si une mutation est mise en évidence, un test de dépistage peut être proposé à l’entourage. La détection de ces mutations peut aussi amener à la prescription d’un traitement spécifique et personnalisé. Les anomalies des gènes BRCA1 ou BRCA2 peuvent également être responsables de cancers du sein, du pancréas et de la prostate.

Pictogramme personne âgéeL’âge

Comme pour la plupart des cancers, l’âge est un facteur de risque important de cancer ovarien : plus une femme vieillit, plus son risque augmente. Le risque est maximal autour de 75-79 ans et l’âge médian au diagnostic est de 68 ans (INCa, 2019).

Pictogramme molécule Les hormones

La puberté précoce, la ménopause tardive, la nulliparité apparaissent comme des facteurs de risque. A contrario, la grossesse (même non menée à terme) et de surcroit la multiparité, l’allaitement, la prise d’une contraception orale sont protecteurs (Schüler, 2013).

Les études convergent aussi pour établir une association positive entre l’endométriose et le risque de tumeur épithéliale de l’ovaire (Wang, 2016), en particulier pour les formes endométrioïdes et à cellules claires.

Le CIRC) a classé le traitement oestrogénique de la ménopause comme cancérogène avéré pour l’ovaire (CIRC/IARC, 1999). En France, en 2015, 31 nouveaux cas de cancer de l’ovaire (soit 0.7 %) seraient attribuables à l’utilisation d’un THM (CIRC), 2018). Il est important de noter que depuis les années 2000, la prescription du THM a évolué et est maintenant bien codifiée. Une durée de prise limitée à 5 ans est recommandée, avec une réévaluation annuelle de son indication. Le surrisque est évalué à 1 cas supplémentaire pour 10 000 femmes par année de traitement et ce surrisque semble diminuer à l’arrêt du traitement (GEMVI, 2017 ; La Vecchia, 2017).

 

Facteurs de risque suspectés

Ce sont les facteurs de risques pour lesquels les données disponibles sont encore insuffisantes pour conclure avec certitude à l’existence d’un lien avec le cancer de l’ovaire.

Facteurs de risque comportementaux

Pictogramme courbes L’IMC, le poids, la taille

Il existe probablement une association entre l’obésité, mesurée par l’IMC, et le risque de cancer de l’ovaire (WCRF, 2014), notamment pour certaines tumeurs épithéliales (séreuses de bas grade, endométrioïdes et à cellules claires) (Dixon, 2016).

La taille élevée des femmes serait aussi associée à une augmentation du risque de tumeur de l’ovaire, mais ce n’est probablement pas la taille elle-même qui est en cause (WCRF, 2014). En effet, il est probable que ce soit d’avantages les facteurs conduisant à une croissance élevée (reflétée par la taille atteinte à l’âge adulte) qui soient en réalité responsables d’une augmentation du risque de cancer ovarien (Dixon, 2018).

Pictogramme poids L’activité physique

Deux études qui se sont intéressées à l’influence de l’activité physique sur le risque de tumeur ovarienne, semblent montrer un effet protecteur de l’activité physique, mais ces données restent insuffisantes pour établir avec certitude une causalité (Hanna, 2004 ; Cannioto, 2016).

Pictogramme alimentation L'alimentation

L’alimentation a fait l’objet de nombreuses études sans pouvoir identifier de facteurs significativement associés au risque de cancer ovarien (WRCF, 2014).

Pictogramme expositions professionnelles Facteurs de risque professionnels

Plusieurs études ont été réalisées pour de nombreux métiers, afin d’identifier d’éventuels facteurs de risque professionnels de cancer de l’ovaire. Une revue comprenant 16 études a décrit un excès de risque pour différentes professions (enseignantes, employées administratives, infirmières, religieuses) et divers secteurs d’activité (recherche biomédicale, téléphonie, coiffure et esthétique, imprimerie…), mais les résultats sont discordants. De plus dans ces études, l’analyse ne prend pas toujours en compte les autres facteurs de risque individuels connus (nombre de grossesse notamment) pour les tumeurs de l’ovaire ce qui engendre un biais de confusion rendant les conclusions peu robustes. (Bounin, 2014). Selon le rapport du CIRC), 1,3 % des cancers de l’ovaire seraient attribuables aux expositions professionnelles, mais essentiellement en lien avec l’amiante (Marant Micallef, 2019).

Facteurs de risques environnementaux

Pictogramme attention Les produits chimiques

Les pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques, polychlorobiphényles, et solvants ont été étudiés, mais aucune étude n’a conclu à une augmentation du risque de tumeur ovarienne due à l’exposition à un de ces facteurs (Inserm, 2008).

A noter que l’exposition (notamment dans le cadre professionnel) à la poussière de silice, aux gaz d'échappement diesel et aux solvants organiques, augmente considérablement le risque de cancer de l'ovaire, cependant, les preuves sont rares. (Charbotel, 2014)

Pictogramme radioactivité Les rayonnements ionisants (radioactivité)

Actuellement, il existe des preuves limitées pour un lien causal entre les rayonnements X et Gamma et le cancer de l’ovaire (CIRC/IARC, 2012). Cette association a notamment été mise en évidence dans des cohortes de femmes ayant survécu à un bombardement atomique (Preston, 2007).

 

Pictogramme balance de loi Evolutions actuelles

Selon le rapport du CIRC, 8.9 % des cancers de l’ovaire recensés en 2015 seraient attribuables au mode de vie, aux expositions professionnelles et à l’environnement en France métropolitaine (CIRC, 2018). En France, le cancer de l’ovaire ne figure pas dans le tableau des maladies professionnelles. Mais quelques cas ont tout de même été reconnus comme résultant d’une exposition professionnelle à l’amiante.

 

Auteur : Département Prévention Cancer Environnement
Relecteur : Dr Charles André Philip, Praticien Hospitalier en Gynéco-Obstétrique aux HCL, Lyon ; Dr Lauriane Eberst, Assistante Chef de Clinique au Centre Léon Bérard, Lyon.

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Mise à jour le 9 juin 2020

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